Programme d'hydraulique rurale de la région Sud-Est
Rapport du programme d'hydraulique rurale de Mananjary 2007
1. - Intitulé du projet
« Programme Solidarité Eau Sud-Est»
Projet de construction de 08 puits villageois dans la région de Mananjary
2. - Rappel historique
En 1998-1999, l'AFVP met en œuvre un programme de construction scolaire financé par l'Union européenne dans la région de Mananjary. Les contacts avec l'équipe municipale avaient permis d'envisager l'ouverture d'un programme pluriannuel d'appui au développement local sur Mananjary. Les priorités de la commune étaient d'améliorer l'accès à l'eau potable pour la population.
Deux principaux problèmes étaient identifiés :
- Dans les quartiers périurbains, le système d'alimentation en eau existant ne fournit que de l'eau saumâtre six mois sur douze ;
- Dans les villages périphériques il n'y a aucune infrastructure d'alimentation en eau.
Le diagnostic mené par l'équipe d'appui de la délégation montrait la possibilité d'accéder à une eau de meilleure qualité à travers le fonçage de puits. La population de Mananjary en avait d'ailleurs creusé quelques uns, mais non protégés et donc exposés aux diverses sources de pollution. Le document projet proposé au Conseil général de l'Ain a permis d'obtenir le financement nécessaire à la mise en œuvre d'un premier programme « puit ».
Le premier volontaire s'installe en janvier 2001. Le SEDIF a accepté d'apporter une contribution ayant permis d'élargir le programme, qui réalise désormais 14 puits par an depuis 2001. Parallèlement aux réalisations physiques, un accompagnement des dynamiques associatives locales se fait à travers les actions « puits ». L'AFVP travaille en partenariat avec l'association SAMBATRA (co-maître d'ouvrage avec la municipalité) dans la mise en œuvre de ce projet. Technicien, animateur et équipe de puisatiers de SAMBATRA sont appuyés par le volontaire à Mananjary.
Début 2002, le financement d'un projet d'appui aux activités maraîchères périurbaines a été accepté par le fond canadien d'Initiative Locales. Ce projet est également mis en œuvre avec l'association Sambatra qui met à disposition un technicien animateur agricole. Le projet Mananjary se compose donc de deux volets : hydraulique et appui maraîchage périurbain.
2003, mise en œuvre d'un partenariat avec l'association AMAR ( association multi aide Réunion) permettant la construction de douches et WC publics afin d'amélioration les conditions sanitaires de la commune de Mananjary et poursuite du programme pluriannuel d'amélioration de l'accès à l'eau potable financer par le SEDIF.
2004, les contacts avec les différents acteurs du développement de la région de vatovavy, et notamment les contacts avec les élus communaux, du GTDR et du chef de région, ont incité l'équipe AFVP à s'intéresser à la problématique du développement local. Un premier travail « d'interface » entre les élus, le PSDR et le FID à permis de financer plusieurs plans communaux de développement.
2005, poursuite du programme pluriannuel d'amélioration de l'accès à l'eau potable financé par le SEDIF autonomisation des 3 équipes de puisatiers, augmentation des capacités techniques. Concentration des opérations dans des communes et villages isolés, motivés par le projet de construction.
2006, reprise du programme par l'ONG Trans-Mad développement après un tuilage avec l'équipe conduite par l'AFVP pour la réalisation de 6 puits. Financement du Conseil Général de l'Ain le programme 2006 a permis de reprendre avec le nouveau maître d'œuvre le renforcement des « sous traitant » avec la perspective d'une professionnalisation.
2007 , grâce à un reliquat de financement (gain de taux de change) du SEDIF, une intervention est encore possible à Mananjary qui peinait à trouver de nouveaux débouchés. Ce sont 8 puits supplémentaires qui y seront construits.

3. - Problématique à résoudre
La majorité des populations des fokontany présélectionnées, connaît des problèmes d'approvisionnement en eau. Faute de points d'eau aménagés, les villageois et les animaux s'en vont aux mêmes endroits pour se baigner, puiser de l'eau ou s'abreuver.
Or, les crues annuelles des fleuves ainsi que celles de leurs affluents charrient de partout des immondices de diverses origines : allant des déjections de zébus aux excrétas humains.
L'utilisation des latrines ne faisant pas encore partie des habitudes, les habitants vont déféquer en dehors des villages en bordure des cours d'eau. Les eaux de ruissellement transportent facilement les matières fécales vers les rivières.
Consommer l'eau des fleuves ainsi que celle des cours d'eau environnants est un danger pour la santé des personnes fragiles : enfants, femmes et personnes âgées. C'est un réel problème de santé publique.
4. - Localisation du projet
Trans-Mad a pris comme base de sélection des localités à équiper la liste des demandes (51) fournies par les villages de la région de Mananjary à la suite des campagnes de sensibilisation menées par Damien (VP 2006) et les équipes locales.
Ensuite c'est un choix de logistique et de réactivité des communautés de base qui a déterminé in fine les sites retenus. Cependant cette sélection n'étant pas exhaustive il est possible que des modifications de site d'intervention surviennent durant la phase d'implantation du projet. Dans ce cas un courrier avec accusé de réception en informera les parties.
Ce sont donc les fokontany d'Antasampanimahazo, de l'EPP Plateaux de la Milice, d'Ampakovana Fangato et d'Antavirana Antsinanana qui bénéficieront des 8 réalisations de ce programme.

5. - Les objectifs du projet
Objectif général :
Amélioration des conditions de vie de l'ensemble des villageois par un accès facilité à l'eau.
Objectifs spécifiques :
1- Faciliter l'accès à une eau de qualité et en quantité suffisante pour les 08 sites présélectionnés.
2- Mettre en place un système pérenne de gestion de l'eau (gestion et maintenance)
3- Sensibiliser la population à l'hygiène
6. - Description des activités prévues dans le projet
Faciliter l'accès à une eau de qualité et en quantité suffisante au sein des localités.
Ainsi Trans-Mad prévoit de consacrer le premier mois du contrat, en parallèle aux travaux d'animation du projet, à préciser l'étude technique et sociale pour déterminer l'emplacement et la répartition des points d'eau au sein des fokontany présélectionnés.
L'étude de faisabilité a permis de mettre en évidence les besoins en point d'eau des villages présélectionnés. Pour des raisons d'ordre pratique, les puits constituent la solution technique la plus adaptée et accessible à la population.
Les conditions d'installation de ces points d'eau doivent être approfondies de manière à conjuguer au mieux solidité des installations, correspondance aux besoins identifiés, sécurité durable de l'hygiène de l'eau et facilité d'entretien des installations.
Les résultats de cette investigation supplémentaire permettront de valider le choix d'implantation et de répartition des points d'eau se fera en fonction :
- des contraintes techniques liées aux conditions topographiques et hydrologiques : le creusement se fera en zone non inondable en saison des pluies et suffisamment en hauteur pour les préserver de sources de contamination de la nappe phréatique.
- du nombre de bénéficiaires ciblés dans le cadre des fokontany à équiper de points d'eau.
- des contraintes foncières : éviter une appropriation personnelle ou par un groupe des points d'eau à réaliser.
Trans-Mad assurera la maîtrise d'œuvre technique des activités de construction des puits villageois et mobilisera les moyens techniques nécessaires à la réalisation des travaux d'infrastructure hydraulique.
Le descriptif technique des ouvrages figure en annexe du présent document. Pour le volet construction de puits, composé du creusement, de la confection des buses, du busage et de l'aménagement de surface, Transmad prévoit de faire appel au tâcheronnat. La priorité sera donnée aux équipes locales si elles existent. Autrement, des puisatiers et des maçons expérimentés ont déjà travaillé avec le personnel de l'association affecté dans le cadre d'autres projets d'hydraulique villageoise.

Les grandes étapes de la démarche sont :
- Préparer les conditions matérielles nécessaires à la mise en œuvre du projet : recrutement des animateurs, sélection des équipes chargées des travaux de creusement des puits et d'aménagement de surface, approvisionnement des chantiers en matériaux -ciment fer, etc.- réception des ouvrages.
- Mobiliser la participation de la population locale : fixer avec la population la nature et les échéances à respecter.
- Informer et sensibiliser la population des conditions techniques à respecter dans le cadre du projet.
- Mettre en place d'un système pérenne de gestion de l'eau et des points d'eau
- Organisation sociale ; renforcement et accompagnement ; suivi évaluation coordination
Trans-Mad planifiera la mobilisation sociale autour de l'hydraulique avant le démarrage des travaux, de façon à ce que l'organisation sociale soit déjà en place lors des travaux.
Transmad s'efforcera de simplifier au maximum l'organisation sociale en évitant chaque fois que possible de multiplier les structures sociales de gestion mais de renforcer et de valoriser celles qui existent déjà. Dans un souci de renforcement de la légitimité des structures administratives en place dans le cadre des activités du projet, communes et fokontany seront impliqués dans les comités de gestion de points d'eau aux bénéficiaires et les organisations qui les fédèrent.
Les grandes étapes de la démarche sont les suivantes :
A - Organisation Sociale : constitution du comité de gestion de points d'eau :
- Informer et sensibiliser sur l'utilité de la bonne gestion, de l'entretien et de la maintenance de l'aménagement d'hydraulique, et de l'hygiène autour de l'installation.
- Appuyer la rédaction des règlements intérieurs du comité de gestion et du comité d'entretien.
- Appuyer l'identification des membres et à la constitution du comité de gestion et du comité d'entretien
B - Renforcement de capacité des membres des comités :
- Elaborer au préalable des modules de formation et des supports en fonction du contexte, ce qui suppose une étude plus approfondie des réalités sur la capacité des comités existants ou des structures similaires au cas où on devrait mettre en place de nouvelles organisations.
- Former les membres sur l'organisation et le fonctionnement du comité de gestion.
- Former les membres des comités pour faciliter la sensibilisation des autres villageois bénéficiaires.
- Former les membres du comité d'entretien sur les techniques d'entretien et de maintenance.
- Former les membres du comité à des procédures de gestion simplifiées.
C - Accompagnement des comités de gestion pour :
- Constituer un fonds d'entretien courant.
- Mettre en place une procédure simplifiée de gestion de ce fonds.
- Evaluer les comités de gestion.
D- Amélioration de l'hygiène de l'eau :
La démarche en la matière s'appuie sur le comité de gestion de l'eau.
- Identifier les dispositifs existants d'hygiène.
- Former les membres du comité de gestion en matière d'hygiène de l'eau.
- Elaborer les supports nécessaires à l'animation et à la formation à l'hygiène (affiches, panneaux, dessins, et radiodiffusion au cas ou cela existe).
- Mettre en place et/ou renforcer les dispositifs d'hygiène au village en s'appuyant sur le comité de gestion (existence d'une organisation en matière d'hygiène et d'eau, entités responsables de la surveillance pour chacun des points, responsabilisation des utilisateurs, etc.).
- Réaliser l'auto évaluation du dispositif d'hygiène.
6. - Dispositif de mise en œuvre
Durée :
La réalisation des infrastructures d'hydraulique devrait se faire durant la période de la saison « sèche ». Il faut en moyenne trois à cinq semaines pour réaliser un puit « clé en main ».
La mobilisation sociale (mise en place de comités de gestion et animation à l'hygiène) s'étalera sur la durée du projet, ce qui permettra de réaliser évaluations et recyclages éventuels.

Le calendrier de réalisation sera déterminé par deux éléments :
- la saison des pluies (il faut attendre que le niveau des nappes phréatiques baisse au niveau ordinaire de la saison sèche pour les puits).
- la date prévisionnelle de démarrage des travaux : l'organisation sociale précèdera les travaux. Ces derniers démarreront une fois que la participation ainsi que les comités de gestion auront vu le jour. Les formations diverses seront programmées de sorte qu'elles permettent un temps d'assimilation suffisant et de procéder à un recyclage en cas de besoin (voir chronogramme joint).
Ressources humaines :
La mise en œuvre du programme Solidarité Eau Sud-Est à Mananjary mobilisera un coordonnateur expatrié, jeune volontaire du progrès, et deux responsables d'opérations sur zone qui superviseront les travaux des équipes sous traitantes.
Chaque responsable d'opération sur site assurera la coordination et la supervision technique directe des travaux de creusement d'aménagement de surface des puits. Il travaillera en collaboration avec les représentants les représentants des communes, des fokontany, des fokonolona et les entités d'encadrement et de population existantes (structures d'organisation traditionnelles et/ou familiales).
Le directeur de Transmad assurera la supervision générale du programme ainsi que les relations avec les partenaires.

Moyens techniques pour la mise en œuvre du projet :
Trans-Mad mettra à la disposition du projet la logistique nécessaire pour le besoin du suivi des opérations sur terrain.
- Une voiture 4x4 (Range Rover) pour assurer les missions terrain,
- Le parc de matériels informatiques de l'association (8 ordinateurs PC postes fixes, 4 ordinateurs portables, un appareil photo numérique, etc.).
- En raison de l'éloignement des différents villages des régions d'intervention, l'animateur sera équipé d'une moto pour assurer l'animation.
- Les matériels de creusements (outillage, moules à buses, etc.), investissements trop lourds pour les artisans puisatiers, seront fournis.
- L'équipe louera les services de transporteurs pour l'approvisionnement des chantiers pendant les travaux.

7. - Résultats attendus du Programme Solidarité Eau Sud Est
Impacts attendus du projet :
- Pour les effets visibles et immédiats du projet :
L'accès à une eau de qualité toute l'année constitue l'impact du « Programme Solidarité Eau Sud-Est».
Une cohésion plus forte de la population est également attendue. Elle se manifeste par l'effectivité du maintien de la discipline de propreté autour du point d'eau et la réalisation des travaux d'entretien courant quant c'est nécessaire.
- Sur le long terme :
La modification des habitudes en matières d'hygiène et de propreté est aussi attendue. L'utilisation de l'eau des puits, devenue une habitude, devrait limiter la propagation de maladies véhiculées par l'eau, surtout pour le public scolaire, population cible privilégiée dans cette démarche de sensibilisation.
Renforcement de la culture de dialogue entre les différentes instances de l'Etat à travers les collectivités et la population locale et possibilité d'une extension du partenariat et de la collaboration vers d'autres thématiques de développement en plus de l'hydraulique villageoise. L'éducation et la santé sont proposées pour être les thèmes d'intervention prioritaire en raison des réalités locales.
La conception technique a été réalisée de manière à simplifier la maintenance ainsi que les frais y afférents.

L'implication des différentes entités formelles et informelles dans les structures de maintenance obéit à cette stratégie. L'expérience terrain de l'équipe démontre une certaine fragilité du milieu associatif pour assurer seul la gestion des équipements communautaires comme les points d'eau. L'intégration d'un ou plusieurs représentants de la commune dans la structure vise à renforcer et même conjointement la légitimité des collectivités ainsi que l'autorité morale du comité de gestion.
8. - Suivi-Evaluation
Le suivi évaluation du projet sera assuré par le coordinateur de programmes de l'ONG Trans-Mad Développement.
Des suivis plus rapprochés seront organisés à travers la communication radio BLU entre le terrain et le siège de la délégation de Trans-Mad à Antananarivo. Les équipes de Trans-Mad seront dotées de téléphone portable afin d'assurer une relation permanente avec la cellule de coordination.
Le suivi évaluation portera sur la mission de l'équipe ainsi que le déroulement de l'opération en elle-même.
Documents joints
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Projet hydraulique à Mananjary |
Rapport du programme d’hydraulique rurale de Vohipeno 2007 |
Rapport du programme d’hydraulique rurale de Vohipeno 2006






















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