A voir et à savoir
Pas à pas
Après une patiente (sic) attente de neuf mois, cette longue gestation se termina le 5 janvier 2005 lors de l'atterrissage du vol AF908 sur la tarmac de l'aéroport d'Ivato, Tananarive, Madagascar.
Ma découverte de Madagascar, de sa richesse, de sa complexité, se fit pas à pas, par paliers, mora mora : accueil par les salariés de l'AFVP (Association Française de Volontaires du Progrès, structure de coopération nous mettant à disposition de Trans'Mad Développement - organisme d'appui sur le projet Tuléar du PNAIF), première nuit à la case de passage, premier café malgache, premier pas à Tananarive...capitale rouge, chaude, pleine de vie d'un pays d'une extrême beauté mais en proie à une misère criante et devant faire face « aux défis du développement ».
Apprentissage de la vie locale, des premiers mots malagasy grâce aux quelques contacts dont je peux disposer. Observation, retenue, actes et gestes réfléchis sont les maîtres mots.
La misère et l'état de dénuement physique et matériel dans lequel vit une grande partie de la population m'interpelle, moi, le jeune vazaha vierge de toute expérience de vie hors des limites du « vieux continent ». J'essaye tant bien que mal de me construire un pseudo positionnement friable et bancal. Je ne pourrais bien sûr aucunement agir sur tout ce qui me choque, heurte ma sensibilité moulée à l'occidentale et me rends à l'évidence que les actions qui seront miennes ici ne pourront se faire qu'un à un niveau local, précis, identifié et plus précisément dans le cadre du projet qui justifie ma présence sur le sol malgache. Pas de crise existentielle, pas de repli sur soi-même à pleurnicher , ici t'as pas le droit, pas quand, dans l'indifférence, des gens meurent lentement de faim sur le trottoir d'en face...


Richesse et complexité d'un peuple, d'une île, d'une culture...J'écris ces termes au singulier alors que le pluriel s'avère plus approprié.
En effet au fur et à mesure les subtilités et la pluralité de la nation malgache apparaissent : multiples ethnies et langues, stratification de la société (le rapprochement avec le système des castes en Inde peut être effectué), fady (interdits encadrant la vie de chaque communauté)...
Le voyage entre Tananarive et Tuléar m'a permis de toucher du doigt la richesse et la beauté de l'île rouge. Effectuer par la route la liaison entre ces deux villes résolument différentes (ethnie lmerina à Tana, sakalava à Tuléar - opposition entre une capitale hyperactive et une ville de province écrasée par la chaleur...) entraîne une découverte progressive des divers reliefs (hauts plateaux, montagnes, plateaux, grandes plaines) et végétations multiples. L'arrivée à Tuléar fut atypique du fait du passage très récent du cyclone Ernest ayant inondé la majeure partie de la « cité du soleil » (selon l'origine portugaise de son nom). Cet évènement malheureux ajouté aux images et impressions résultant du voyage rappelle à mon esprit la primordialité et la force de la nature qui conditionne la vie de la majeure partie de la population malgache pour qui il s'agit, chaque jour, de trouver les moyens de substance primaire.

L'acclimatation au climat, au rythme de vie propre à Tuléar, la prise de fragiles repères, tant sociaux que professionnels, prend du temps et demande une attention particulière. Rencontrer ce peuple chaleureux, accueillant et réservé à la fois est une expérience formidable, grandissante et enrichissante, encore faut-il tenter de capter les antécédents, actifs et passifs de la relation franco-malgache et par extension ce que représente le vazaha (étranger) à Madagascar. Néanmoins, découvrir la richesse des cultures que l'on peut rencontrer sur la grande île est une bouffée d'oxygène : normes, valeurs, rites présentent un champ immense à essayer de connaître, de toucher du doigt du point de vue de la vision occidentale qu'est la mienne.


Le quotidien est riche, varié, il amène régulièrement à être dans une gestion de l'imprévu.
Rapidité de l'analyse (tant que possible !), clairvoyance doivent être au rendez-vous !
Il s'agit d'éviter de se laisser griser par cette expérience nouvelle, belle, riche, à vivre!
Guilllaume
Documents joints
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Restitution_de_l_expatrie_1.doc |






















Escales à Madagascar
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