Appui à la maîtrise d'ouvrage et à la maîtrise d'oeuvre

jan 5, 2011

Rapport d'activités 2008-2010 du programme de construction de l'Ecole de la Mer de Tulear


Voir le résumé

Fin 2008 est née l'idée de mettre en oeuvre, en partenariat avec la DREN et avec le soutien de la Fondation Bénéteau, un programme de construction à Tulear d'une école publique "pilote" à vocation maritime. Ce rapport retrace les activités développées à ce jour, tant sur le plan des travaux et aménagements des bâtiments que sur les apects d'intégration sociale du projet.

Catégorie : ipbtp
Posté par : brice













« ECOLE DE LA MER » – « SEKOLY AMIN NY ANDRIAKA »

 

Programme de construction d’une école primaire publique à vocation maritime dans le sud-ouest de Madagascar


Commune urbaine de Tuléar

Région Atsimo-Andrefana (Sud-ouest)

MADAGASCAR


Rapport d'activités 2008-2010

 

1. Présentation du projet

         1.1. Objectifs

Suite à une mission exploratoire menée au début de l’année 2007, par des responsables du Groupe Bénéteau, il a été envisagé de solliciter de la Fondation Bénéteau un appui financier en vu de participer à la mise en place d’un programme transversal de soutien à la filière pêche dans le Sud-ouest de Madagascar.

Ce programme s’attachera dans un premier temps à adapter le tissu d’enseignement de base et de formation professionnelle local aux nouvelles contraintes de gestion et d’exploitation de la ressource halieutique.

En effet en intégrant progressivement un savoir faire pérenne en matière de pratiques rationnelles et professionnelles de pêche auprès des populations autochtones, il est attendu l’émergence d’acteurs intermédiaires entre la pêche industrielle et la pêche traditionnelle, qui par voie de conséquence entrainerait une meilleure valorisation socio-économique de l’activité sur la zone. Cette valorisation permettrait de mobiliser plus de moyens en faveur de la gestion de la ressource naturelle générant ainsi un cercle vertueux.

Le concept développé avec la Direction Régionale pour l’Education Nationale (DREN) de mettre en place une école publique « pilote » dispensant un contenu d’enseignement général classique et proposant également une première approche du milieu marin a été mobilisateur et a permis de fédérer l’ensemble des partenaires institutionnels. Ainsi est née « L’école de la mer » qui est la première pierre du dispositif de formation professionnelle de Tuléar. Il sera complété par la mise en place d’un centre d’apprentissage maritime dénommé « la maison de la mer » qui comportera les infrastructures, équipements et personnels nécessaires à la formation professionnelle des trois principales filières des métiers de la mer ; la pêche artisanale (pratiques et équipements, gestion, législation,…), la construction navale (bois, bois moulé, fibre et époxy,…) et les filières d’entretien et de maintenance notamment la mécanique moteur. L’école de la mer permettra d’identifier, de sélectionner, de préparer et d’orienter les candidats à l’entrée en formation professionnelle de la maison de la mer.

L’école de la mer a trois missions :

- Re scolarisation : à une sélection de jeunes adolescents, enfants de pécheurs Vezo déscolarisés, se verra proposée un programme de ré insertion scolaire. L’objectif pédagogique étant de valider un cursus d’enseignement général de niveau CEP (certificat d’enseignement primaire). Cette formation pilote sera conduite par la Direction Régionale de l’Education Nationale du Sud-ouest (DREN SO). Des mesures incitatives et d’accompagnement seront proposés et négociées au cas par cas aux familles.

- Pré formation : un module « découverte et gestion de la ressource marine du grand récif de Tuléar » sera dispensé en partenariat avec le « World Wild Fund » WWF. Cette option garantira un niveau homogène de compréhension des enjeux de l’exploitation et de la gestion de la ressource marine. Un deuxième module « découverte de la pêcherie artisanale » permettra de promouvoir l’idée de l’émergence d’une pêcherie artisanale formalisée et normalisée de rente au profit de l’actuelle pêcherie traditionnelle informelle de subsistance.

- Orientation : de 2 à 5 ans suivant les niveaux, le cursus des élèves de l’école de la mer aura également pour objectif de les préparer à l’entrée en formation au Centre d’Apprentissage Maritime (CAM). Une sélection aura lieu afin d’orienter au mieux chaque élève vers la filière qui lui conviendra. Le CAM proposera trois grands blocs de formation professionnelle ; pêche, construction navale, mécanique et maintenance.

Des mesures d’accompagnement seront envisagées afin de permettre des applications pratiques sur des cas concrets ; expérimentations, ateliers et/ou stages au sein des entreprises et des projet, sur de nouvelles techniques de pêche, de nouveaux supports de pêche, de nouveaux espaces de pêche…L’école de la mer sera donc étroitement liée aux opérateurs privés (pêcheries, collecteurs, transformateurs, …) et à l’environnement des projets de développement du secteur (cf. PACP ; programme d’appui aux communautés de pécheurs financé par la Banque Africaine de Développement ou PROGECO ; programme de gestion des aires côtières financé par l’Union Européenne).

Pour atteindre ces objectifs, une réalisation du projet en deux phases a été prévue et développée. Les activités déroulées ainsi que les objectifs qui y sont associés sont détaillés dans les points suivants.

 

         1.2. Cadre logique d’intervention

 

L’ensemble des partenaires de cette initiative s’est donc fixé l’objectif de mettre en œuvre des actions alternatives qui remettront la région dans un cercle vertueux dont le cadre logique, qui rapporte les objectifs aux résultats attendus, se déroule comme suit :

2. Mise en œuvre de la phase 1

         2.1. Rappel des objectifs

La première phase a consisté en la construction du bâtiment scolaire, d’une surface de 150 m² dans un quartier périurbain dépourvu d’infrastructures et composé à 80% de familles de pêcheurs traditionnels. Ce quartier a été recommandé par les pouvoirs publics et les autorités locales malgaches qui ont mis à la disposition du projet un terrain domanial de 7 000m².

Cette phase s’est étalée du mois de septembre 2008 au mois de mai 2009 et le budget total de réalisation du bâtiment de l’école de la mer s’est élevé à 30 000 euros. Composée de deux salles de classes, d’une cantine et de sa cuisine, d’un bureau pour les enseignants et d’une bibliothèque, l’école de la mer est un bâtiment autonome capable de prendre en charge une cinquantaine d’élèves.

 

         2.2. Rapport des activités réalisées

Les différentes étapes suivies lors de la construction du bâtiment de l’école de la mer sont détaillées dans le tableau suivant qui reprend le descriptif de chacune d’entre elles ainsi que la période concernée. Pour une meilleure visualisation, elles ont été présentées sous forme de tableau et illustrées par les photos de chantier.

1ère étape du 17 au 24 septembre 2008 :

-         Installation du chantier

-         Implantation des fouilles

 

2ème étape du 25 au 30 septembre 2008 :

-         Préparation des ferraillages pour les semelles isolées et pour les longrines

 

3ème étape du 30 septembre au 17 octobre 2008 :

-        Préparation des coffrages pour les longrines

-        Assemblage des ferraillages et amorce des poteaux

-        Assemblage des coffrages pour longrines et poteaux

-        Confection des parpaings pour l’élévation des murs

-        Coulages des poteaux et des semelles isolées

-        Confection des ferraillages pour les longrines

-        Coulage des longrines


4ème étape du 18 octobre au 20 novembre 2008 :

-        Réglage des soubassements pour l’élévation

-        Confection de parpaings

-        Elévation des murs

-        Préparation des ferraillages et des coffrages pour les linteaux

-        Coulage des linteaux

-        Décoffrage des longrines et remblayage et herissonage

-        Préparation des ferraillages et des coffrages pour le chaînage

-        Réglage des chandelles support du chaînage

-        Coulage du chaînage


5ème étape du 21 novembre au 23 décembre 2008 :

-        Coulage de la dalle

-        Elévation des pignons

-        Préparation des ferraillages et des coffrages pour les consoles

-        Préparation des ferraillages et des coffrages pour le chaînage des pignons

-        Décoffrage des linteaux et chaînages

-        Coulage des consoles et du chaînage pignons


6ème étape du 05 au 22 janvier 2009 :

-        Décoffrage du chaînage des pignons

-        Préparation de l’enduit intérieur

-        Préparation de l’enduit extérieur

-        Enduit intérieur

-        Enduit extérieur


7ème étape du 24 janvier au 02 mars 2009 :

-        Arrivée de l’équipe de menuiserie

-        Préparation des bâties pour fixer les cloisons

-        Préparation des fermes

-        Assemblage des fermes

-        Préparation et dressage des cloisons en bois

-        Préparation des portes et fenêtres à l’atelier

-        Pose des planches pour les cloisons, ponçage et dressage


8ème étape du 02 au 28 mars 2009 :

-        Pose des claustras

-        Préparation des ferraillages pour les poteaux de la véranda

-        Coffrage et coulage des poteaux de la véranda

-        Pose des fermes par l’équipe de charpentiers

-        Pose des volets et portes par l’équipe de menuisiers

-        Pose des fenêtres et cloisons en bois par l’équipe de menuisiers

-        Pose des fermes et éléments de charpente

-        Réglage de la charpente et pose des tôles du toit

-        Réalisation des enduits sur les claustras


9ème étape du 30 mars au 11 avril 2009 :

-        Confection de la chape

-        Réglages des portes et fenêtres

-        Pose des fripons entre les planches jointives

-        Ponçage des cloisons en bois

-        Pose de l’armature pour les voliges


 

10ème étape du 14 avril au 09 mai 2009 :

-   Ponçage des cloisons en bois

-   Pose des voliges du plafond

-   Finitions des enduits

-   Peinture et vernis des boiseries

-   Pose des gouttières

-   Finitions

 

3. Mise en œuvre de la phase 2

         3.1. Rappel des objectifs

Le public cible de l’école de la mer sont les enfants de pêcheurs déscolarisés travaillant avec leur famille d’un âge compris entre 12 et 15 ans. Afin de préserver le jeune élève de son environnement social souvent précaire pour lui permettre de se concentrer sur sa formation et mettre toutes les chances de son coté, mais également pour ouvrir le dispositif aux villages éloignés et enclavés, un accueil permanent de type « internat » devait être proposé.

Pour la deuxième phase, outre les aspects de mobilisation sociale, il s’agissait donc d’équiper l’école de la mer nouvellement construite de manière à la rendre totalement autonome et lui permettre d’accueillir à temps plein les élèves sélectionnés pour faire partie du cursus. Pour ce faire trois grands ensembles ont été développés :

- Un espace « Energie » avec une batterie de panneaux solaires pour subvenir aux besoins en électricité. Un puits à relèvement manuel a également été construit pour les besoins en eau.

- Un espace « internat » de six cases traditionnelles permettant d’accueillir entre 15 et 20 jeunes dans un premier temps. Un jardin scolaire a également été prévu pour fournir un appoint en fruits et légumes.

- Un espace « scolaire » composé du bâtiment existant et d’aires de jeux et de détentes pour les élèves. Un parking et des voies de circulations clairement délimités sur le terrain.

3.2. Rapport des activités réalisées

 

3.2.1. Travaux et aménagements

  • Espace « énergie » :

L’ensemble espace « Energie » a pour objectif d’équiper l’école de la mer en moyen de production d’énergie renouvelable de manière à ce qu’elle puisse bénéficier d’un fonctionnement totalement autonome.

Pour ce faire il a été prévu de mettre un place un système d’électrification solaire et un puits à relèvement manuel.

 

- L’étude portant sur les besoins électrique a permis de déterminer le cahier des charges pour l’étude de faisabilité. Ainsi le système installé permet d’alimenter l’ensemble du bâtiment de l’école de la mer pour pourvoir aux besoins en lumière et en prises. 8 point lumineux et 12 prises ont été installés dans l’école.

Mais ce système solaire est également prévu pour alimenter l’éclairage du site (4 points lumineux extérieurs) ainsi que les cases de l’internat (6 points lumineux). Le système fourni à plein régime une puissance de 18 000 watts.

Son installation est aujourd’hui terminée mais, pour des raisons de sécurité, les panneaux solaires ont été retirés du toit et stockés en lieu sûr en attendant la remise et l’ouverture officielle de l’école.

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Panneaux solaires, batteries, transformateur et compteur installés dans l’école de la mer

- Suite à l’intervention de différents « sourciers », une veine d’eau a été localisée entre l’« espace internat » et l’« espace jardin scolaire ». Mais l’hydrogéologie du site ne permettait pas d’accéder directement à la nappe phréatique, étant trop proche de la mer. En effet, celle-ci contient un biseau salé fluctuant selon les marées et les écoulements d’eau de pluie de mousson drainés des hauts plateaux ce qui rend l’eau saumâtre. La présence de ce biseau salé ne garantissait donc pas un accès à la ressource eau 100% douce, via la nappe phréatique.  

Dans ce sens, la solution retenue a été d’isoler un aquifère au débit suffisant pour répondre aux besoins estimés à un mètre cube lorsque l’école de la mer fonctionnera à plein régime, c'est-à-dire avec 70 élèves et 20 internes.

La technique retenue a été de creuser jusqu’à atteindre la remontée capillaire. Le sol des salines où est implanté le site de l’école de la mer présente une première couche de quelques centimètres de sable puis une épaisse couche d’argile plus ou moins dense donc plus ou moins étanche de plusieurs mètres. C’est dans cette couche d’argile, notamment d’argile noire (complètement étanche) qu’a pu être trouvé l’aquifère. Logé dans une couche de sable, elle-même prise en sandwich entre deux couches d’argile, la veine d’eau s’écoule par gravitation jusqu’à la mer. Le creusement a donc dû être réalisé avec beaucoup de précaution car il a fallu prendre garde à ne pas percer le bas de la couche de sable au risque de polluer l’aquifère de le rendre saumâtre en dissolvant le sel contenu dans l’argile. L’utilisation d’une moto pompe a donc été nécessaire dès l’atteinte de la remontée capillaire.

Aujourd’hui le puits d’une profondeur de près de 5 mètres est entièrement creusé et busé et les aménagements de surface ont été achevés.

Site du creusement du puits et vue sur la buse de surface et l’intérieur du puits au niveau de la remontée capillaire (avant l’aquifère)


  • Espace « Internat » :

L’objectif est ici de disposer d’un équipement entièrement autonome capable d’accueillir en internat une vingtaine de jeunes. En effet dans un souci d’équité d’accès du programme aux familles isolées ou lointaines il était nécessaire de proposer une solution d’accueil permanent et autonome. De plus, cela devrait avoir pour effet de stimuler l’esprit de corps qui permettra un certain rééquilibrage social. Les enfants des « hauts » lignages (familles dominantes d’un village ou d’un quartier) n’ayant pas de moyens pour faire valoir leur privilèges mais étant traités comme les autres.

La solution technique retenue pour la construction de 6 habitats de 20 m² chacun est la case en Vondry (paille locale) traditionnelle. Posée sur une chape à hérissonnage en béton armé dosé à 350 kg de ciment par m3, elle-même ceinturée par des fondations et un chaînage également en béton, l’ossature et la charpente sont montées en clayonnage. Les poteaux et les montants sont en bois de pays très dense et très solide et reliés les uns aux autres par des tiges de bois tressées formant les clayons dans lesquels a été tressé le paillis local en plusieurs couches jusqu’à obtenir une épaisseur de mur et de couverture d’environ 10 à 15 cm. Une toile de coton de pays tendue sur les 4 murs assure le revêtement de l’intérieur de la case.

Cette technique locale a largement fait ses preuves et permet d’obtenir à moindre cout un habitat adapté aux conditions de vie particulières (contraste entre les périodes chaude de forte humidité et les périodes de sécheresse) dont l’entretien est simple et économique. Chaque case est dotée d’un coin douche (au seau), de deux coins dortoir (2 paires de lits superposés séparés par 2 paires d’armoires) et d’un coin bureau (2 tables bancs double) et peut accueillir jusqu’à 4 élèves.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Approvisionnement et stockage des matériaux / Préparation de la forme, de l’ossature et du hérissonage

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Coulage de chape et ragréage teinté à la ferrite / Tressage et taille de la couverture et des murs

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vue d’ensemble des 6 cases d’accueil des internes de l’école de la mer au 04 janvier 2010


Vues des 6 cases d’accueil des internes terminées au 1 er mai 2010

 

 

 

 

 

 

Vues intérieures d’une case d’accueil aménagée pour 4 élèves

 

  • Espace scolaire :

La première phase du programme de l’école de la mer n’a pas permis d’aménager les salles de classes, le réfectoire et les bureaux en mobilier c’est pourquoi il a finalement été décidé d’entreprendre ces aménagements au cours de la deuxième phase.

Les locaux de l’école de la mer ont été aménagées de quatre bureaux, 120 tables bancs, huit armoires, et six jeux de tables de cantines avec quatre chaises.

En complément du bâtiment de l’école de la mer des sanitaires, composés d’un bloc de quatre toilettes, d’un urinoir et d’un lave-main collectif, ont été aménagés sur le terrain.

Des voies de circulation ainsi qu’un parking ont également été mis en œuvre. Par la suite il est aussi prévu de réaliser une aire de jeux.

 

 

Vues du bloc sanitaire – WC de l’EPP de la mer au 1 er mai 2010

 

3.2.2. Volet d’intégration sociale

  • Les efforts de la mobilisation

Avant toute intervention de l’équipe projet sur le terrain, il a tout d’abord été nécessaire d’identifier les villages qui semblaient les plus pertinents au sein des trois communes cibles. Ont donc été recensé 4 villages dans la commune de St-Augustin, 7 à Toliara I et 5 à Belalanda. Par ailleurs, selon la demande du CITE/ FIAVOTA Antaninarenina, quelques jeunes apprentis en menuiserie se sont déclarés intéressés par cette opportunité qu’offre l’EPP de la mer/CAM.

Pour compléter ces informations issues du recensement des villages, les données bibliographiques provenant de l’INSTAT, des PCD, des ONG et/ou Associations et de la DREN ont également été exploitées.

Après avoir édité les plaquettes de présentation, les canevas d’enquêtes et les fiches d’inscription, les efforts de mobilisation ont pu être entamés à partir du mois de Juin 2009 avec pour objectif premier de présenter le projet d’une manière globale. Les informations obtenues grâce à ces canevas ont permis de mieux appréhender les contextes socio-économiques de chaque village identifié, de mieux comprendre le système éducatif et d’acquérir un certain nombre de données exhaustives relatives aux divers projets liés aux jeunes du littoral.

Rappelons que cette mobilisation a pu être menée au travers :

- De visites de courtoisie auprès des maires de la commune de Belalanda et de St-Augustin afin de faciliter notre introduction dans les divers villages identifiés.

- De diverses visites de courtoisie auprès des chefs fokontany qui ont toutes conduit à l’organisation de réunions publiques marquant le lancement officiel de l’ouverture des candidatures.

- De rencontres avec les directeurs d’établissements publiques pour mieux apprécier les problématiques de l’éducation.

- De rencontres avec les divers organismes qui œuvrent pour la réinsertion des jeunes vers la vie active ou la scolarisation ; d’une part pour évaluer les expériences passées et d’autre part pour réfléchir sur d’éventuelles possibilités de partenariat.

Signalons que tout au long des démarches, un certain nombre de contraintes ont dû être surmontées :

- Quelques autorités locales se sont avérées réticentes en raison des nombreuses promesses faites en vain par certains organismes déjà présents. Il a donc fallut démarquer le projet de ces antécédents, d’où le nécessaire recours à l’autorisation des réunions auprès des maires concernés.

- L’instabilité politique, plus précisément la dernière élection des chefs fokontany a retardé l’intervention faute de passation entre le président sortant et le président rentrant. Par conséquent, quelques réunions ont dû être repoussées à des dates ultérieures et d’autres ont même dû être refaites.

- L’organisation des réunions en ville est plus compliquée qu’en milieu rural. Non seulement la présence des femmes y est moins marquée mais à cela s’ajoute la difficulté à mobiliser les habitants des villes.

- Les imprévus tels que les enterrements et festivités traditionnelles en milieu rural ont également perturbé le planning de terrain. Cela a notamment contraint à prolonger les séjours de missions, comme ce fut le cas à St-Augustin et à Belalanda

- L’effectif des futurs bénéficiaires du projet a souvent été l’objet de discussions lors des interventions, aussi bien en privé qu’en publique. En effet, selon toutes les catégories de personnes consultées, il s’avère selon eux qu’une quinzaine de bénéficiaires semble insuffisant à la vue du nombre de familles intéressées par le projet.

 

  • Le résultat de la mobilisation

Depuis le mois de juin 2009, des rencontres individuelles ont été effectuées en commençant par les autorités locales, les directeurs d’écoles et ONGs ainsi que les particuliers. Les diverses réunions publiques ont été entreprises par la suite. Dans l’ensemble, ces entretiens ont abouti à des résultats plutôt positifs et ont concernés :

- 3 représentants de la commune

- 15 chefs de quartiers

- 8 directeurs d’établissements publics

- 4 responsables d’ONG

- 5 particuliers (constructeurs de pirogues, agent de projet, enseignant...)

En ce qui concerne les réunions, 18 d’entre elles ont pu être effectuées jusqu’à ce jour. D’après une estimation, elles ont permis de mobiliser environ 35 000 personnes sur les trois communes d’intervention.

 

  • La présélection des bénéficiaires

Il s’agissait de recueillir les listes de candidature auprès de chaque président fokontany avant d’enquêter auprès des parents de chaque candidat inscrit pour enfin élaborer les enquêtes monographiques. Ont été utilisé comme outils de présélection le canevas comportant la généalogie de résidence, les attentes sur le projet, le budget du ménage et les activités de chaque membre du foyer, le parcours éducatif des parents et la scolarisation des enfants, l’économie du ménage et les biens mobiliers, les matériaux et les engins de pêche, le rapport entre les parents et les enfants sur le plan éducatif et le contexte socio-économique du village.

Cette activité a été mise en œuvre à partir du mois de Novembre 2009. L’intervention a débutée à Sarodrano, puis à Ampasinihita, à Lovokampy et enfin dans la commune urbaine de Toliara, plus précisément à Ankiembe bas. Les enquêtes monographiques ont été réalisées au fur et à mesure de chaque descente sur terrain afin de mieux comprendre les enjeux socio-économiques des villages cible.

Les éléments suivants sont ressortis de cette phase :

- Il s’agit de l’étape qui a occupé le plus de temps lors des interventions car il a d’abord été nécessaire d’effectuer une mission de recadrage par secteur et/ou par lignage via une sensibilisation de porte à porte afin de s’assurer que la totalité du village ait été consultée. Le résultat a été positif car de 15 candidats initialement inscrits, ces derniers sont passés à 70 pour les 4 villages identifiés.

- Par ailleurs il a également été noté que les jeunes des milieux ruraux sont plus intéressés par ce projet que ceux des milieux urbains. Cela suggère une descente périodique au moins une fois par mois dans ces villages cibles afin de rassurer les familles intéressées.

- Un des autres constats concerne le nombre important de désistements à la candidature dus notamment à la croyance de certains parents qui jugent moindre leur chance de voir leur enfant sélectionné du fait de l’effectif réduit à une quinzaine de candidats ; à d’autres parents qui n’ont pas accordé le droit à leurs enfants d’accéder à cet enseignement en raison de leur utilité en tant que force de travail au sein du ménage (chez les « Sarà » qui pratiquent la senne de plage, par exemple) ; ou encore en raison de la peur de certains parents qui ne se sentent pas encore prêts à se séparer de leurs enfants craignant que ces jeunes deviennent fous à leur retour au village ou encore par peur du vol d’organes ou encore du trafic d’enfants, croyances véhiculées par les rumeurs circulant dans ces villages. D’où la nécessité de cette mission de recadrage.

- Pour l’instant aucun critères immuables n’ont été arrêtés pour la sélection définitive des futurs bénéficiaires, hormis ceux contenus dans le canevas d’enquêtes pour les familles volontaires. En suivant ce canevas, il a été constaté que chaque enquête durait environ trois heures. Il a donc été décidé de l’affiner pour aboutir au même niveau d’information en moins de temps (de 30 à 45 min environ). Quoi qu’il en soit, une enquête seule auprès des familles volontaires ne s’avère pas suffisante pour aboutir à une sélection définitive. Cette enquête se devra donc d’être complétée par la suite par des enquêtes et des tests réalisés auprès de chaque enfant inscrit.

- A ce jour, les résultats des enquêtes auprès des familles volontaires ont permis de déterminer que le choix des parents ainsi que celui des candidats a tendance à plus s’orienter vers la mécanique et la pêche artisanale plutôt que vers la construction d’embarcation.

 

  • Quelques recommandations pour la suite du projet

- Approches

  1. Privilégier les enquêtes vers les milieux ruraux plutôt qu’urbains afin de ne pas perdre la confiance des parents déjà intéressés
  2. Pour la commune urbaine de Toliara I, il faut que les enquêtes soient continues (du matin au soir) de la même manière qu’en brousse pour qu’elles soient efficaces et prennent le moins de temps possible.
  3. Faire un sacrifice de zébu avant l’ouverture de l’école pour remercier le « fokonolo » d’Ambohitsabo et d’Anketrake
  4. La remise du diplôme et de l’appui financier pour chaque élève doivent se faire dans les chefs lieux de communes à la sortie de ces futurs professionnels des métiers de la mer pour inciter les autres parents à inscrire leurs enfants.

 

- Sélection des bénéficiaires

  1. Vu les expériences passées des organismes intervenant dans le domaine de l’éducation, il semble compliqué de sélectionner des jeunes non-scolarisés ou qui ont quitté l’école depuis une durée supérieure ou égale à 5 ans car ces derniers ont une forte tendance à l’analphabétisme ; à moins que l’EPP de la mer n’intègre un volet « alphabétisation »
  2. Cibler les parents qui envoient leurs enfants dans les CEG des grandes villes alentour pour garantir une étroite collaboration entre l’EPP de la mer et les parents d’élèves
  3. Soumettre la liste des enfants présélectionnés auprès des notables et des directeurs d’établissements publics avant de procéder à la sélection définitive pour obtenir des informations fiables quant au comportement de ces futurs élèves
  4. Etaler la période de la sélection définitive sur un laps de temps assez large pour que le choix de l’équipe projet soit fiable. Dans ce sens, l’équipe projet aura à la fois la certitude sur les engagements des bénéficiaires (parents et enfants) et la garantie du « 0 désistement » par le biais de descentes fréquentes sur le terrain pour évaluer la motivation des candidats et de leurs parents respectifs
  5. Evaluer la possibilité d’augmenter le nombre de bénéficiaires car outre le fait que la demande soit très forte, il convient de prendre en compte que la sélection d’un seul enfant par village induit une propension au désistement dans le sens où ce dernier risque de se sentir isolé du reste de son village d’origine.

 

- Optimisation des actions

  1. Selon la demande des parents, il sera préférable que l’EPP de la mer organise un retour des élèves une fois par mois pour éviter le désistement au cours de l’année scolaire. Les parents pourront prendre en charge les frais de déplacement (à contracter ave les parents concernés)
  2. Organiser des séances vidéo sur la pêche artisanale et la construction d’embarcation par établissement publique pour inciter les élèves du littoral à s’intéresser à cette nouvelle opportunité. Toujours dans ce sens, il est aussi envisageable d’organiser des événements culturels et sportifs (course de pirogue, concours de fabrication de petites pirogues, porte ouverte parents-élèves,…) dans les quartiers cibles
  3. Collaborer avec la DREN afin d’insérer un programme de gestion durable des ressources halieutiques dans les établissements publiques du littoral (à partir de la classe de CE) afin de préparer l’accueil des ces futurs recrues de l’EPP de la Mer ou du CAM
  4. Décentraliser l’EPP de la mer vers les chefs lieux des communes rurales pour faciliter l’accès des jeunes « vezo » à cette nouvelle opportunité
  5. Identifier les éventuelles ressources humaines pouvant être utiles dans le fonctionnement de l’EPP de la mer/CAM dans les quartiers cibles (enseignants, mains d’œuvres, surveillants…..)
  6. Il conviendra de recruter un assistant social pour un accompagnement psycho-social des familles bénéficiaires. Il serait aussi intéressant de mettre en place un relais local chargé d’acheter les produits issus des activités maritimes des parents bénéficiaires afin de faciliter leur contribution financière plutôt qu’en nature. Par ailleurs il est aussi envisageable de leur offrir des formations en agro-alimentaire ou en transformation au CITE Antaninarenina
  7. En ce qui concerne l’offre de formation, il sera préférable de compiler la construction d’embarcation avec la maintenance mécanique d’une part et les techniques de pêche avec la manipulation des engins mécaniques d’autre part. Et comme il a été constaté que beaucoup de jeunes et adultes au-delà de nos critères sont également intéressés, il pourrait être envisageable de prévoir des formations de courte durée. Quant à l’EPP de la mer, l’apprentissage de la langue française comme matière complémentaire reste une demande massive des parents intéressés.
  8. Il serait également intéressant de prévoir une prise en charge des frais de santé des élèves par la mise en place d’un système de suivi périodique et d’un comité de suivi.

 

4. Conclusions et perspectives

Les phases 1 et 2 de construction et d’aménagement des bâtiments sont maintenant achevées, et les travaux de mobilisation sociale devant aboutir à la sélection des bénéficiaires, sont quant à eux bien amorcés.

Les premières informations exploitables ont d’ores et déjà pu être obtenues, et ont permis de repenser quelque peu la mise en œuvre concrète du projet ainsi que l’organisation du cursus au sein de l’école de la mer.

Une liste de potentiels bénéficiaires a également pu être dressée mais cette dernière reste encore à affiner, vu le nombre importants de candidats souhaitant participer au projet. En effet, les places étant limitées il convient de s’assurer de la réelle motivation de chaque élève avant de l’intégrer au cursus de formation, c’est pourquoi les efforts de mobilisation et de sélection doivent encore être maintenus.

Qui plus est, des financements complémentaires pour le fonctionnement courant annuel de l’école doivent encore être trouvés avant de pouvoir réellement aboutir au lancement officiel de l’école de la mer.

Tous ces efforts seront donc entrepris dans l’optique de pouvoir organiser la rentrée officielle de la première promotion de l’école de la mer, prévue pour être effectuée au mois de septembre 2011.

Top

 Inauguration du centre de formation agricole en région Itasy |
 Electrification solaire d'un point de vente de produits agricoles dans la commune rurale d'Ambatolaona 

 

» Partager cette page
del.icio.us digg stumbleupon buzzup BlinkList mixx myspace linkedin facebook reddit.com ma.gnolia.com newsvine.com furl.net google yahoo technorati.com

» Discutez sur le forum
Aller sur le forum