Filière aquaculture villageoise

jan 28, 2009

Promotion de micro-fermes villageoises d'élevage en milieu naturel de "concombre de mer"


Voir le résumé

TMD poursuit le développement de ses activités de promotion de filière de valorisation de la gestion de la ressource marine sur la côté Sud-ouest de Madagascar. L'association vient de bénéficier d'un financement de 100 000 euros du programme PROGECO de la Commission de l'Océan Indien (Union Européenne) pour mettre en place une activité villageoise d'élevage d'holothurie en milieu naturel.

En effet l'écosystème lagunaire et la ressource marine côtière du Grand récif de Tuléar (sur 400 kms de côtes) est, on le sait, fortement menacée par la pression démographique et la sédentarisation.

Le concombre de mer, sorte de "cantonnier" du lagon se nourrissant de la faune benthique (corps morts sédimentant sur le fonds marins), joue un rôle primordial dans l'équilibre écologique du lagon, et aujourd'hui face à l'irrésistible demande asiatique sur ce produit à forte plus value, son exploitation représente une menace croissante.

C'est pour cela que l'alternative de l'élevage a été développée et que l'avenir de cette alternative doit être à notre sens intégré, c'est-à-dire mené par et pour les populations locales et non pas renvoyée aux logiques industrielles qui ne profitent qu'en grande partie aux investissements étrangers.

Pour relever ce défi Trans-Mad s'est associé avec un consortium d'opérateurs - Universités, laboratoire, ong Britannique et société privée de pêche - qui collaborent avec le chef de projet, Benjamin, jeune docteur en géographie du Muséum d'histoire naturelle de Paris, engagé par TMD. Alors bonne chance à ce nouveau projet dont nous communiquerons régulièrement les avancées.

Catégorie : filaqua
Posté par : webmestre

PROMOTION DE MICRO-FERMES

VILLAGEOISES

D'ELEVAGE EN MILIEU NATUREL

DE « CONCOMBRE DE MER »

En partenariat avec

 

Région Atsimo-Andrefana (sud-ouest)

 

 

1. DESCRIPTIF DU PROGRAMME

1.1. Résumé

 

Durée totale de l'action 24 mois
Objectifs de l'action

Objectif global :
Promotion de filière de valorisation de la gestion de la ressource naturelle renouvelable des zones côtières du sud ouest de Madagascar

Objectifs spécifiques :
- Maîtrise du process de grossissement des holothuries en milieu naturel
- Formation et professionnalisation d'une filière de petits et moyens aquaculteurs villageois
- Sécurisation de l'écosystème lagunaire par le ré équilibrage écologique

Partenaire(s) techniques - « Institut Halieutique de Science Marines » - IHSM : Association de droit local implantée à Tuléar
- « Madagascar Holothuries » - M.H. : Société de droit local implantée à Tuléar
Groupe(s) cible(s) 30 familles regroupées dans 4 villages répartis sur une zone côtière d'environ 130 kilomètres allant de Beheloka au sud à Fiheramasay au nord de la côte sud ouest de Madagascar
Bénéficiaires finaux L'ensemble des communautés villageoises environnantes aux 4 villages profitant de cette activité créatrice d'emplois et génératrice de revenus
Résultats escomptés - Emergence d'une filière alternative à la pression des activités traditionnelles d'exploitation du lagon
- Création d'une trentaine de petites et moyennes structures et d'une cinquantaine d'emplois formels
- Diminution des pressions sur la ressource lagunaire et régulation de l'espèce holothurie
Principales activités

Activité 1 : Volet préparatoire
Identification et négociations préalables à la sélection des sites et des bénéficiaires du projet

Activité 2 : Volet technique et social
Mobilisation et animation villageoise. Formation et encadrement technique pour la mise en place des parcs et le suivi du processus de développement des holothuries

Activité 3 : Volet scientifique 
Validation scientifique et valorisation du process d'aquaculture d'holothuries en milieu naturel

Activité 4 : Volet institutionnel
Mise en place d'un comité de suivi institutionnel pour la formalisation et la normalisation de la filière

 

1.2. Rappel des objectifs

 

L'objectif global de ce programme vise à réduire de manière significative la pauvreté des populations locales par la promotion d'une filière de valorisation de la gestion de la ressource naturelle renouvelable de la zone côtière du Sud-ouest Malgache.

Le défi de la « déclaration de Durban » lors de la conférence mondiale des aires protégées en 2003 par le président de la république de Madagascar, Marc Ravalomanana, a ouvert de nouvelles perspectives de conservation de la biodiversité Malgache. Il a également mis au centre du débat le problème des moyens effectifs permettant d'inscrire ces actions dans une stratégie durable et pérenne. Ainsi la composante homme-environnement a été, et est encore aujourd'hui un enjeu prioritaire dans la mise en place d'une action de gestion de la ressource naturelle, a fortiori sur les zones côtières dont la pression démographique est très importante.

Il va de soi que l'écosystème lagunaire et récifal est aujourd'hui menacé par de multiples contraintes dont celle particulièrement extractiviste d'exploitation vivrière par les populations autochtones. Mais comment exiger de ces populations une collaboration aux politiques coercitives de type interdiction d'exploitation sur un temps donné ou sur une zone donnée sans par ailleurs proposer des alternatives au manque à gagner par ces interdictions ?
C'est à ce titre que le concept de filière de valorisation de la gestion de la ressource naturelle sous tendra le projet de création de micro-fermes intégrées d'holothuries. En développant une activité génératrice de revenus et créatrice d'emplois, le projet écartera des familles entières d'une exploitation déraisonnée du lagon. Il permettra également de tisser toute une filière qui progressivement sécurisera socio-économiquement les quartiers et les villages concernés.
Ce contexte permettra de réunir plus facilement les conditions d'une participation des communautés de base aux actions de gestion et de conservation de la ressource marine.

Les objectifs spécifiques du projet se déclinent en plusieurs étapes.

Il s'agira dans un premier temps à travers des actions d'information et de sensibilisation de faire comprendre aux bénéficiaires, le contexte et les perspectives de la démarche et l'intérêt qu'ils ont à participer et à s'approprier les activités du projet.
Dans un deuxième temps il s'agira par le biais de formations préalables et de mesures d'encadrement de transmettre le savoir faire nécessaire à la maîtrise des activités proposées.
Et enfin dans un troisième temps parallèlement aux deux premiers, il conviendra d'intégrer les bénéficiaires dans un processus de formalisation et de valorisation de leurs activités en lien avec les pouvoirs publics. La finalité de ce processus vise à la création de structures de type association, coopérative, groupement ou encore société qui organiseront et institueront l'émergence de cette filière.

Parallèlement aux objectifs spécifiques opérationnels, le projet comporte un important objectif spécifique induit sur le plan environnemental. Les actions devraient en effet permettre de restaurer l'équilibre écologique du lagon menacé par la sur exploitation de l'holothurie. L'élevage en milieu naturel constitue une forme alternative de ré introduction qu'il conviendra de suivre et de contrôler afin de ne pas être confronté au problème inverse de sur population.

 

1.3. Les différents partenaires du projet

 

Ce projet collectif découle d'abord du succès des travaux menés depuis 1999 par l'Aqualab. Mis en place à Madagascar en 1999 dans le cadre de la coopération universitaire au développement, l'Aqualab rassemble des scientifiques de deux universités belges (l'ULB et l'UMH) et d'une université malgache (l'IH.SM). En moins de 10 ans, cette structure a su développer le savoir-faire nécessaire à la maîtrise de la reproduction assistée de l'holothurie de sable (Holothuria scabra).

C'est en 2008 que le projet de maîtrise de l'holothuriculture est passé du domaine expérimental au domaine appliqué. L'intérêt pour cette innovation d'un opérateur privé (COPEFRITO) a débouché sur la création d'une société de droit privé, Madagascar Holothuries SA, associant investisseurs et universitaires. Cette association a alors permis d'envisager un développement des structures de production afin de soutenir l'exploitation des holothuries d'élevage à plus grande échelle.

C'est ainsi que Trans-Mad, de même que l'ONG britannique Blue Venture implantée dans la région depuis des années, se sont à leur tour saisies de cette opportunité, y voyant là un support intéressant pour promouvoir un développement local et une gestion plus rationnelle des ressources renouvelables du littoral. Ce programme n'aurait bien entendu pas pu être mis en œuvre sans le concours du PROGECO en qualité de partenaire financier, qui a à ce jour accordé un financement aux deux ONG pour qu'elles puissent mener à bien leur projet de promotion de l'aquaculture villageoise.

 

1.4. Localisation de la zone d'action

 

La zone couverte par l'action s'étend du village de Beheloka à environ 60 km au sud de Tuléar et remonte jusqu'au village de Fiheramasay à 75 km au nord. C'est essentiellement une zone lagunaire coupée par deux estuaires de fleuve, l'Onilahy au sud et le Fierenana au nord et parsemée de vestiges de Mangroves. Une douzaine de villages seront pré sélectionnés sur ce trait de côte pour l'étude préalable qui retiendra au final 4 villages pour l'implantation des activités.

Zone d'action

 

1.5. Groupes cibles

 

Les groupes cibles sont les villageois pécheurs Vezo sédentarisés en bord de lagon dont l'activité d'exploitation de la ressource naturelle est jugée dégradatrice. Les micro-fermes seront constituées de parcs de 15 mètres sur 15 (225 m²) balisés par une clôture sous marine pouvant recevoir environ 500 individus chacun. Il est prévu d'implanter 120 parcs répartis dans 4 villages, et confiés à trente familles.

La trentaine de familles assurera une surveillance quotidienne permanente des parcs. Pour ce faire une soixantaine de personnes seront mobilisés. Cette surveillance évaluée à un équivalent ¼ temps pourra être assurée par l'ensemble des membres de la famille bénéficiaire sous forme de roulement (c'est ce qui sera préconisé), en sachant que les activités vivrières en bord de plage ou dans le lagon sont le plus souvent « à vue ». Cette tache de surveillance ne constituera par une charge exclusive.

Etant entendu que l'espace marin face à ces villages devra être validé scientifiquement et techniquement pour accueillir les micro-fermes. Les holothuries seront alors confiées aux villageois formés au préalable. Le projet suivra les différentes phases du processus et proposera des débouchés si les villageois n'en trouvent pas.

Dans chaque village, le projet s'attachera les services d'un « relais villageois » qui rendra compte, et appuiera les actions de l'équipe projet. Il conviendra donc d'animer, d'encadrer et d'organiser ces groupes cibles. Souvent illettrés, enclavés et stagnant autour d'une activité vivrière, la première des contraintes à dépasser sera celle de la mise en perspective. Faire valoir l'intérêt d'une participation à une activité qui ne produit pas immédiatement d'effet ne sera pas chose aisée. En tout et pour tout plus d'une centaine de personnes seront donc mobilisées directement sur les activités du projet.

Un cycle de concertation et de négociation aura pour finalité de définir conjointement les règles de fonctionnement. La confiance ne suffisant pas à verrouiller la sécurité des installations et des fournitures, il sera en effet nécessaire de s'entendre sur les droits et obligations de chaque partie prenante, entente qu'il conviendra de faire valider par les pouvoirs publics pour éventuellement légiférer sur ces questions au moins au niveau du fokontany (quartier) si ce n'est de la commune.

La zone est peuplée à 90% par l'ethnie Vezo qui s'est récemment sédentarisée depuis l'essor des comptoirs marchands à la fin du siècle dernier et depuis le développement des infrastructures routières entre les deux grandes guerres. Les Vezo sont issus d'une profonde culture maritime et ont été pendant de nombreuses générations de simples pécheurs nomades bivouaquant au gré des marées et des courants sur les îlots sableux parsemés le long du grand récif de Tuléar.

Les premiers foyers de sédentarisation Vezo ont également été alimentés par des migrations forcées de groupes communautaires « voisins » agriculteurs ou éleveurs confrontés à de graves crise de leur système de production (sécheresse, cyclones, ...). Ils ont alors cherché à survivre en pratiquant la pêche en mer et sont ainsi devenus Vezo. Il est à noter qu'aujourd'hui le revenu moyen d'un pécheur Vezo est d'approximativement 100 000 Ariary et de 120 000 Ariary pour un bon pécheur, la ou le Smig national n'est que de 70 000 Ariary. Le niveau de vie sur la côte est donc attractif. On observe au sein des familles un à deux actifs générant des rentrées d'argent, on peut donc dire que le revenu minimum moyen d'une famille est de 40 € en numéraires.
Comme le souligne l'anthropologue R Astuti, on devient Vezo Ipso Facto quand on pratique la pêche et que l'on vit au bord de la mer. Le Vezo est d'une des rares ethnies de l'Océan Indien à ne pas être déterminé par son origine lignagère mais par l'endroit où il vit et l'activité qu'il y pratique. Un Vezo qui achète du bétail et va vivre dans la forêt devient un Masikoro par exemple.

Mais le problème des migrations vers les espaces côtiers des populations vivant dans les terres (bush du grand sud, forêt tropicale sèche dans l'arrière pays de la côte ouest, savane des plateaux Mahafaly et de l'Horombe,...) est encore aujourd'hui pour les autorités, qu'elles soient pouvoirs publics ou pouvoirs traditionnels, un problème de premier ordre. Pour exemple, la ville de Tuléar, qui compte 200 000 personnes, connait chaque année lors des périodes de récolte du manioc, du mais et du pois de cap, un afflux de 60 à 80 000 personnes sur plus de deux mois.

Les modes et les moyens de productions traditionnels des Vezo sont donc condamnés à changer pour s'adapter aux nouvelles contraintes de leurs territoires. Le projet de création de micros fermes intégrées d'élevage d'holothuries en milieu naturel propose une alternative progressive à ces changements « forcés » qui risqueraient d'être déstructurants.

 

2. ACTIVITES A METTRE EN OEUVRE

 

  • Activité 1 : Volet préparatoire

- Implantation du projet

  • Recrutement du personnel expatrié et des personnels locaux permanents
  • Mobilisation et investissement des moyens d'intervention (locaux, véhicules, matériels, fournitures, ...)
  • Négociation et contractualisation des partenaires et des prestataires fournisseurs
  • Mise en place de l'organigramme, des procédures et de la planification stratégique du projet
  • Formulation des indicateurs d'objectifs et des outils de monitoring

- Identification des villages cibles

  • Formulation des canevas d'identification des villages cibles. Les critères de choix des zones cibles seront définis par ordre de priorité selon :
    • la topologie et la géologie du site,
    • la distance maximale par rapport à la source de production de juvéniles,
    • la situation générale de l'écosystème côtier,
    • le volontarisme des autorités locales,
    • le profil du village (histoire, population, sécurité,...),
    • l'accessibilité et les moyens de communication,
    • la spécificité socioculturelle du système de production local.
  • Pré sélection de 12 villages correspondant aux critères de choix
  • Mission de pré sélection. Visites de courtoisies et séances d'information et de sensibilisation auprès des autorités locales
  • Comité de sélection des 4 villages cibles. Le comité de sélection mobilisera l'équipe projet, le comité de suivi technique et scientifique ainsi que le comité d'appui institutionnel.
  • Missions de déclarations officielles dans les villages sélectionnés. Mobilisation d'un comité villageois de suivi du projet (autorité locale traditionnelle, chef de village et autorité locale publique, maire). Formulation et contractualisation d'une convention de partenariat visée par le comité d'appui institutionnel.
- Identification des groupes cibles

Réunion de sensibilisation à Andavadaoka

  • Formulation des canevas d'identification des groupes cibles. Les critères de choix des groupes cibles seront définis par ordre de priorité selon ;
  • le profil de la famille (histoire locale, nouaisons sociales,...)
  • les orientations suggérées par les pouvoirs locaux
  • la composition, les activités et le niveau de vie de la famille
  • Mission de pré sélection dans chacun des quatre villages.
  • Réunion avec les autorités locales et explication de la méthode et des objectifs
  • Définitions des « Dina » préalables aux villages retenus
  • Concertation pour l'approche des familles (approche par la demande)
  • Assemblée générale des fokonolona ; séance d'information sur le projet et présentation des conditions d'admission
  • Comité de sélection des familles bénéficiaires (30 familles pour les 4 villages). Relevé et dépouillement des demandes des familles reçues. Le comité de sélection des familles retenues mobilisera l'équipe projet et les partenaires (IHSM et MSH) et sera soumis au visa du comité villageois.
  • Mission de déclarations officielles des familles retenues
  • Formulation définitive des « Dina » (règlement de la participation au projet) visée par le comité villageois. Les mesures coercitives et correctives seront alors négociées, contractualisées et institutionnalisées
  • Contractualisation entre chaque famille et le projet
  • Etablissement de la programmation des activités auprès de chaque famille

 

  • Activité 2 : Volet technique et social

- Préparation et formation des groupes cibles

  • Conditions de transport
Le transport des juvéniles se fait dans des sacs en plastique avec de l'eau de mer propre à basse température. Un apport d'oxygène par bullage est nécessaire pendant le transport. Les juvéniles peuvent rester dans ces conditions pendant 5 heures sans nourriture.
  • Conditions de mise en parc
Lorsque les juvéniles atteignent une taille adéquate (6 cm de long ; 15 g), ils sont placés en milieu naturel dans des enclos en mer, dans la zone des herbiers à phanérogames marines, sans apport de nourriture. Une étude, sur les effets de la densité a été réalisée par le projet « Aqua Lab ». La même expérience a été lancée à trois reprises : juin 2006 (premier essai) et en août 2006 (deuxième et troisième essais).
Les enclos sont faits de filets en plastique (marque Windanet) de 50cm de haut attachés à des piquets en bois disposés tous les 50cm. Ils mesurent 15x15 m soit 225 m². La base des filets a été enfoncée jusqu'à 30cm de profondeur dans le sédiment afin d'éviter toute fuite des jeunes holothuries.
Les différentes densités expérimentées recommandent pour une surface de 225 m² la présence d'environ 500 individus holothurie juvéniles.
  • Conditions de suivi et de contrôle
Les personnes en charge de la surveillance des parcs devront 3 à 4 fois par semaine compter et mesurer les holothuries. Ils seront alors formés sur une méthode d'échantillonnage qui sera précisée par un comptage mensuel total en présence de l'équipe projet. Une technique spécifique de déplacement dans le parc et de manipulation des individus sera dispensée.

- Dotations des parcs, mise en culture des juvéniles et encadrement

JuvénileLa phase de mise en place des parcs et de mise en culture des juvéniles sera découpée en trois séquences de manière à permettre une montée progressive de la charge et de la responsabilité portée par la famille bénéficiaire. Ce séquençage permettra également de minimiser les risques d'investissements disproportionnés en regard des conditions de sécurité. Enfin cela permettra de recadrer plus facilement en cas de dérive ou d'écarts.
Ce seront donc un parc et 500 juvéniles à la fois qui seront confiés à chaque famille. Une première période test de 4 mois à l'issue de laquelle sera validée l'efficacité des groupes cibles. Ensuite trois cycles de 2 mois entre chaque mise en place d'un nouveau parc et chaque mise en culture de 500 juvéniles par familles. Quatre séquences de dotation de 15 000 individus répartis en trente parcs de 500 individus permettront de doter les bénéficiaires d'un total de 60 000 holothuries juvéniles sur une période de 24 mois. Les séquences se découperont ainsi :
  •  
    • Achat des matériels et fournitures
    • Transport sur sites des parcs et visas de réception
    • Mesure d'accompagnement et d'encadrement à la mise en œuvre des parcs
    • Transports sur sites des juvéniles et visa de réception
    • Mesure d'accompagnement et d'encadrement à la mise en culture
    • Elaboration et recadrage des stratégies de sécurisation spécifique à chaque village et à chaque famille
    • Suivi et contrôle des étapes de grossissement
L'équipe projet assurera une présence minimum d'une semaine par mois sur chaque village cible. Elle profitera de ce temps pour réaliser un inventaire complet de chaque parc et contrôlera le cahier de suivi de production de l'éleveur. Ce sera également un temps de débriefing avec le comité villageois et les familles bénéficiaires.

- Ecoulement et valorisation des produits finis

Concombres séchésLe projet assurera la valorisation de la production de chaque famille. En s'alignant sur les prix du marché, avec l'appui de la société « Madagascar holothurie » (MSH), la totalité de la production trouvera un débouché à l'issu de chaque cycle de grossissement (tous les 8 à 10 mois).
Un contrat de vente des individus adultes ayant atteint une taille commercialisable sera passé entre l'éleveur et MSH sous couvert du maître d'œuvre du projet, l'ONG Trans-Mad'Développement. Le maître d'œuvre, assurant un rôle de surveillance et de régulation, se désengagera progressivement des transactions commerciales entre le fournisseur et le client. Le marché régulant par lui-même les dérives potentielles de dumping. En effet si MSH est tenté de profiter de la vulnérabilité des éleveurs en pratiquant des tarifs défavorisant, elle risque de perdre ses fournisseurs qui trouveront facilement sur le marché local des débouchés plus intéressants.
Le projet percevra alors sur le montant de la vente, la valeur de la quantité de juvéniles arrivés au terme du cycle de croissance. La perte pour cause de vol, de vandalisme, d'épidémie, de dégâts naturels, sera assurée par le projet. MSH proposera alors de fournir de nouveaux juvéniles selon des conditions négociées au préalable entre l'éleveur et le fournisseur.
Le projet sera particulièrement vigilant sur la relation qu'entretiendront les comités villageois, les familles bénéficiaires et MSH. Cette relation déterminera la durabilité de l'action car MSH est un acteur essentiel de la stratégie de désengagement.
 
  • Activité 3 : Volet scientifique

La spécificité du projet de création de micros fermes intégrées d'élevage d'holothuries en milieu naturel réside dans le fait d'être absolument novatrice. C'est-à-dire que l'on part d'un point 0. Il faut donc se prémunir de toutes les garanties possibles afin d'établir des bases objectives, éprouvées et indéniables. La validation de la faisabilité sociale, économique ou encore environnementale reste à géométrie variable mais la validation scientifique de l'expérience est elle une constance que le projet devra établir.
A cet effet un comité de suivi scientifique sera mobilisé, comprenant ;

- L'équipe projet de l'ONG Trans-Mad'Développement
- L'Institut Halieutique de Sciences Marines
- Madagascar holothuries
- Projet d'appui aux communautés de pécheurs de la Banque Africaine de Développement
- ONG Blue Venture
- ONG World Wild Foundation

Ce comité de suivi scientifique doté d'une équipe de trois universitaires en maîtrise « gestion des ressources côtières » encadrée par leur directeur de thèse effectuera un travail de relevé, d'analyse et de capitalisation des informations fournies par l'observation du processus de grossissement des holothuries. Le comité de suivi scientifique sera également chargé de produire :

  •  
    • une base de données durant les cycles de grossissement permettant de vérifier la qualité du biotope le plus favorable, d'évaluer la meilleure approche sociale, d'affiner le process et d'optimiser les conditions de commercialisation,
    • ces analyses alimenteront un cahier technique de « Recommandations pour l'élevage d'holothuries » distribué par les administrations malgaches en charge,
    • un atelier de restitution ouvert au public sera organisé à Tuléar,
    • une action de promotion de la filière au niveau national et international sera également développée.

L'ONG Blue Venture implantée à Andavadaoka, bénéficiant d'une expérience similaire avec le poulpe, a également obtenu un financement de la part de PROGECO. Après l'étape de la demande succincte, un échange à eu lieu entre Trans-Mad et Blue Venture pour définir une stratégie de synergie des deux approches.
C'est à ce titre que Blue Venture est proposé pour intégrer le comité de suivi scientifique. Chacun pouvant partager ses expériences avec une approche et une finalité différente démultipliant ainsi les résultats.

 

  • Activité 4 : Volet Institutionnel

L'approche institutionnelle de ce projet sera, dans le cadre de la décentralisation en marche à Madagascar, un élément fondateur déterminant pour l'avenir de la filière holothurie.
Il convient en effet de mobiliser dès les premières démarches du projet les institutions publiques concernées par les activités afin de construire ensemble un partenariat public-privé. Sous l'égide de la Région Atsimo-Andrefana (chef de région et directeur du développement régional), le comité de suivi institutionnel sera piloté par l'équipe projet. Il sera composé :

  • du chef de région,
  • du chef de district,
  • du directeur du développement régional,
  • du directeur régional du commerce, de l'industrie et du développement du secteur privé,
  • du directeur régional des impôts,
  • du directeur régional de l'environnement, des eaux et forêts,
  • du directeur régional des pêches,
  • du directeur régional de la normalisation,
  • du directeur régional de la sureté publique,
  • et des représentants des communes concernées.

Se réunissant tous les 3 mois, le comité de suivi institutionnel balisera l'intégration de la filière dans son environnement juridique et légal. Ses activités contribueront :

  • à faciliter les déclarations d'installation des petits et moyens éleveurs en structures formelles ;
  • à engager des mesures d'allègement ou de franchise fiscale sur la durée du projet afin de soulager le démarrage de l'activité ;
  • à établir un cadre législatif spécifique au niveau régional de reconnaissance et de régulation de la filière ;
  • à légitimer l'interventionnisme des activités du projet au niveau des communes et des fokontany ;
  • à mobiliser en cas de dérives ou de litiges (vol, détournement, rupture injustifiée des engagements contractuels ...) les moyens nécessaires (gendarmerie, médiateur public, huissier,...).

 

3. METHODOLOGIE DE MISE EN OEUVRE

 

3.1. L'approche socio-organisationnelle

 

La méthode d'approche socio-organisationnelle sera la pierre angulaire de la démarche projet. Elle déterminera la viabilité et la fiabilité des activités implantées localement. Ce point essentiel dans la mise en œuvre s'appuiera sur la méthode dite de « gestion des terroirs ».
La gestion des terroirs est une approche de développement rural basée sur la participation et la responsabilisation des populations pour une meilleure gestion et valorisation des ressources naturelles de leur terroir.
Les principes et la justification de l'utilisation de cette méthode pourraient se résumer comme suit :

  • A partir d'une approche participative, l'analyse des situations et la détermination des actions prioritaires est faite par les populations elles-mêmes. L'approche cherche à intégrer les intérêts spécifiques de tous les groupes sociaux et prend en compte les relations qui existent entre eux. Les différents intérêts et rôles des femmes et des hommes en matière de gestion des ressources naturelles sont pris en considération. Le principal élément qui sera pris en compte par de là, le vouloir faire ou le savoir faire sera la sécurisation.

  • L'approche gestion des terroirs correspond à une approche d'autopromotion et vise la responsabilisation des populations villageoises aux différents stades de conception, de mise en œuvre et de suivi-évaluation des actions. C'est pour cela qu'un temps conséquent est pris pour transmettre et valider l'acquisition des informations concernant le projet.

  • Elle est également accompagnée par un développement organisationnel du village. Les analyses participatives, la planification et la réalisation des actions concrètes facilitent des réflexions sur le mode d'organisation interne du village. Il s'agit d'un processus d'apprentissage qui peut accroître l'autonomie des groupes sociaux et leurs capacités de prise de décision et d'action. Ce levier d'autopromotion sera d'autant plus important que les retombées financières de vente d'holothurie le seront.

  • La gestion des terroirs se base aussi sur un processus de communication et de collaboration entre les acteurs. Sous forme de dialogue, ils expriment leurs intérêts spécifiques et échangent des informations. Des stratégies traditionnelles pour résoudre des conflits devraient être prises en considération. L'objectif du processus de communication est de parvenir à des consensus qui sont acceptables et applicables pour tous les concernés. D'où la validation systématique des décisions par le comité villageois et par le comité de suivi institutionnel.

  • L'approche gestion terroir prend en compte les expériences et connaissances locales. Les paysans et paysannes pratiquent la gestion et la valorisation des ressources naturelles depuis des centaines d'années. Ils disposent d'un savoir-faire complexe. Ceci les rend capables de développer des innovations techniques adaptées aux conditions locales. Certains phénomènes récents et accrus de dégradation des ressources naturelles dépassent parfois les capacités techniques des populations locales. Pour de tels problèmes la mise en relation avec des structures de recherche apporte des innovations externes complémentaires aux connaissances locales.

  • Le terroir villageois n'est pas un terrain vierge. Son phénotype est déterminé par différentes situations géo-écologiques interdépendantes, influencées et modelées par une multitude d'actions de l'homme. Pour pouvoir faciliter une analyse de ces situations complexes et interdépendantes il sera demandé à l'équipe projet de développer une vision systémique qui met l'accent sur les liens de causalité. Au niveau de la planification et de la mise en œuvre, les actions ne peuvent pas être traitées d'une façon parcellaire mais sont toujours liées l'une à l'autre.

Les procédures de suivi et d'évaluation s'appuieront sur les indicateurs d'objectif de manière verticale. Le monitoring quant à lui interviendra de manière horizontale de façon à évaluer l'efficacité et l'efficience des actions en temps réel sans compartimenter les analyses.
Les indicateurs de suivi et les critères possibles d'évaluation s'avèrent indispensables à préciser dès l'origine du projet car ils en facilitent la mise en œuvre, l'efficacité et l'impact. Des indicateurs permettant de suivre le renforcement des capacités de gestion des bénéficiaires, des acquis en vu d'une autonomisation et d'une structuration pour pérennisation des activités du projet seront donc déterminés par l'équipe projet avec le concours du comité de suivi scientifique.

 

3.2. Rôles et attributions des participants

 

  • Le maître d'œuvre : Trans-Mad'Développement
    • Supervision, coordination, gestion, suivi et capitalisation des activités
    • Instruction des démarches préalables de représentation et de négociation avec les partenaires
    • Identification des solutions techniques et logistiques
    • Recrutement et implantation du projet sur zones
  •  

  • Le partenaire scientifique : l'Institut Halieutique de Sciences Marines
    • Validation du choix des sites retenus
    • Suivi scientifique du process de développement et des effets écologiques induits
    • Recrutement et encadrement des étudiants sur zone
    • Rédaction des livrets techniques et scientifiques pour l'élevage d'holothuries en milieu naturel
  •  

  • Le partenaire économique : la société Madagascar Holothurie
    • Vente des holothuries juvéniles
    • Achat des holothuries adultes
    • Contributions sur l'état des lieux du marché de l'holothurie

 

3.3. Les moyens de mise en oeuvre

 

Le projet sera doté des éléments suivants :

  • un chef de projet expatrié à temps partiel
  • un assistant technique expatrié permanent (cadre technico-scientifique)
  • de 3 salariés cadres nationaux (2 animateurs-techniciens et 1 agent administratif et commercial)
  • de 3 stagiaires universitaires
  • d'un enseignant
  • d'un bureau informatisé (deux ordinateurs) et équipé d'un branchement internet haut débit, installé à Tuléar
  • d'un véhicule 4x4 acheté par le projet afin d'assurer les différentes missions dans les villages cibles
  • une embarcation motorisée de type pirogue sera également acheté pour assurer des déplacements rapides entre les villages.

 

3.4. Organigramme du projet

 

Organigramme du projet

 

 

4. DUREE ET PLAN D'ACTION POUR LA MISE EN OEUVRE

 

     
Année 1
 
Semestre 1
Semestre 2
 
Volet préparatoire
Mois 1
2
3
4
5
6
7
8
8
10
11
12
 

Implantation du projet

                       
Trans-Mad

Identification des zones cibles

                       

Trans-Mad - IHSM

Identification des groupes cibles

                       
Trans-Mad
Volet technique et social                          

Préparation et formation des groupes cibles

                       

Trans-Mad - IHSM - CSS

Dotation des parcs, mise en culture des juvéniles

                       

Trans-Mad
MSH

Suivi - encadrement

                       
Trans-Mad
Volet scientifique                          

Constitution du comité

                       
IHSM

Mobilisation du comité

                       
Trans-Mad - IHSM

Encadrement de l'équipe d'universitaires

                       
Trans-Mad

Capitalisation, reporting et diffusion

                     
Trans-Mad - IHSM
Voletinstitutionnel                     

Constitution du comité

                       
Trans-Mad
Mobilisation du comité                        
Trans-Mad

 

 
Année 2
 
Semestre 1
Semestre 2
 
Volet technique et social
Mois 1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
 

Dotation des parcs, mise en culture des juvéniles

                       
Trans-Mad
MSH

Suivi - encadrement

                       
Trans-Mad

Ecoulement et valorisation des produits finis

                    
Trans-Mad
MSH
Volet scientifique                          

Mobilisation du comité

                       
Trans-Mad - IHSM
Encadrement de l'équipe d'universitaires                        
Trans-Mad

Capitalisation, reporting et diffusion

                         
Volet institutionnel                          

Mobilisation du comité

                       
Trans-Mad
Top

 Rapport annuel du programme DéFi Zanga |
 

 

» Partager cette page
del.icio.us digg stumbleupon buzzup BlinkList mixx myspace linkedin facebook reddit.com ma.gnolia.com newsvine.com furl.net google yahoo technorati.com

» Discutez sur le forum
Aller sur le forum