Appui à la maîtrise d’œuvre de projets
Présentation du projet hydraulique rurale à Ampahimanga (Avril 2008)
VAHINY, association de solidarité internationale basée à Saint-Nazaire, est présente depuis plusieurs années dans la région des « Hauts Plateaux » de Madagascar et vise à améliorer les conditions de vie et de santé des populations qui y vivent. A ce titre, face aux besoins exprimés par ces populations et leurs autorités locales, elle a décidé de lancer un vaste programme de construction de puits dans la commune d'Ampahimanga. Consciente de son manque d'expérience et de capacité à la maîtrise d'œuvre locale, VAHINY a fait appel à son voisin ligérien Trans-Mad. En effet Trans-Mad, déjà opérateur dans ce secteur a su mettre en avant ses compétences et son expérience pour apparaître comme le partenaire idéal pour ce type de projet. Cet article a donc pour vocation de retracer la chronologie des missions qui se sont déroulées jusqu'à aujourd'hui dans le cadre de ce programme.
Mission du 16 février 2008
1. Visite de courtoisie auprès des autorités locales
Cette première visite a eu pour but d'introduire le projet au maire de la commune d'Ampahimanga. Il s'agissait de lui présenter l'équipe TMD ainsi que le rôle que chacun des intervenants devait jouer dans ce programme. Nous lui avons ensuite expliqué comment se déroulait la gestion de l'eau, qui doit se faire par la création de Comités de Point d'Eau (CPE), et expliqué notre mode de fonctionnement. En effet, l'appropriation des ouvrages par la population passe selon nous par leur participation au projet. Ainsi nous demandons aux bénéficiaires d'apporter ce qu'ils peuvent en fonction de leurs moyens (sable, main-d'œuvre...). Ce programme a finalement été bien accepté par le maire qui s'est montré très intéressé et prêt à coopérer et à apporter son soutien.
2. Réunion avec les populations des villages de Soamanana et d'Ambohijafy
Cette réunion a permis à l'équipe TMD de se présenter aux villageois et de leur expliquer le but du projet : la construction de six puits à pompe manuelle, dont quatre à Soamanana et deux à Ambohijafy. Nous avons également insisté sur le rôle et l'importance des CPE.
En parallèle, les intervenants ont pu réaliser un travail d'animation villageoise sur l'importance des puits pour lutter contre les maladies hydriques mais aussi sur le rôle que devaient jouer les bénéficiaires dans ce projet. En effet, la commune en tant que maître d'ouvrage se doit de participer selon ses moyens aux travaux de construction.
Cette réunion a également servi à recueillir l'avis des populations sur le projet. Il en est ressorti que les villageois ne trouvaient pas de grand intérêt dans le type de construction choisi. Beaucoup de familles disposent déjà d'un puits dans leur propriété et préféreraient une construction d'adduction d'eau en gravitaire avec la mise en place de bornes fontaines. Après leur avoir expliqué que le budget prévoyait uniquement la construction de puits, nous avons décidé de leur laisser un temps de réflexion supplémentaire et d'organiser une seconde réunion pour connaître leur décision, à savoir poursuivre le projet dans ces villages ou déterminer, avec l'appui du maire, d'autres villages de la commune plus désireux d'accueillir ces puits.
Mission du 12 mars 2008
1. Détermination de nouveaux sites et mise en place du plan d'action
Suite à la précédente mission, une nouvelle réunion a été organisée pour connaître la décision prise par les villageois. Ces derniers, n'étant pas totalement convaincus par le type de constructions prévues, nous avons finalement décidé de ne construire que deux puits dans les villages de Soamanana et d'Ambohijafy, et de déterminer avec le maire quatre autres villages prêts à accueillir les ouvrages restants.
La commune a alors proposé les quatre villages suivants situés à l'Est de la ville d'Ampahimanga : Ambatomainty, Morarano, Antananambany et Antsahalava.




L'équipe sur place a tout de suite validé ces choix et prévu une nouvelle mission pour visiter les sites sélectionnés et exposer le projet aux villageois concernés. Cependant, dans un souci de logistique, nous avons choisi de réaliser les ouvrages deux par deux. C'est ainsi que nous avons décidé de commencer dans un premier temps par les travaux des puits d'Ambohijafy et de Soamanana, avant de s'attaquer aux chantiers dans ces quatre villages.
Mission du 26 mars 2008
1. Présentation du projet aux quatre nouveaux villages sélectionnés
Une réunion a été organisée avec les représentants des « fokolona » pour leur présenter le projet de construction et l'équipe qui allait intervenir. De même que dans les deux précédents villages visités, les animateurs ont insisté sur l'importance des puits pour lutter contre les maladies hydriques. A aussi été abordé le thème de la constitution des CPE et de leur rôle dans la gestion et l'entretien des points d'eau. Suite à cette réunion, il nous a semblé que le projet avait été dans l'ensemble bien accepté par les villageois.
2. Détermination de l'apport participatif des bénéficiaires
En ce qui concerne l'apport des populations pour ce projet, il a été décidé avec les intéressés qu'il se répartirait comme suit :
- Les villages de Soamanana et d'Ambohijafy apporteront les 3 m3 de sable nécessaires aux chantiers ainsi que de la main d'œuvre et un lieu de stockage pour les matériaux. Ils s'occuperont également de la réhabilitation des routes d'accès.
- Les villages de Morarano, d'Antsahalava, d'Antananambany et d'Ambatomainty mettront à disposition de la main d'œuvre ainsi qu'un lieu de stockage pour les matériaux. En revanche, ne disposant pas de sable à proximité contrairement aux deux autres villages, ils ont proposé de se charger du creusement des puits.



3. Détermination de l'emplacement des puits
Les emplacements des puits sont tout d'abord proposés par les villageois puis validés par les techniciens de TMD selon les critères suivants :
- les caractéristiques géologiques du terrain ;
- la qualité de la nappe phréatique ;
- le niveau statique de la nappe qui doit être inférieur à 30 mètres ;
- la distance par rapport aux latrines environnantes qui doit être supérieure à 20 mètres ;
- une surface de construction suffisamment importante (au moins 25 m²) ;
4. Constitution des CPE
Le code de l'eau prévoit la constitution d'un Comité de gestion du Point d'Eau dans chaque village visé. Ce CPE se compose :
- d'un président responsable du fonctionnement du puits. Il suit toutes les activités du comité et travaille directement avec les fokolona ;
- d'un caissier chargé de percevoir les cotisations mensuelles des bénéficiaires, ainsi que le « Dina » ;
- d'un secrétaire qui retranscrit par écrit tous les événements concernant l'utilisation des puits (liste des bénéficiaires, procès verbaux de réunion...) ;
- d'un ou plusieurs animateurs qui s'occupent de réaliser les animations villageoises sur les thèmes de l'importance de l'eau potable, du nettoyage du puits et du paiement des cotisations.
A la fin de cette mission, tous les CPE ont pu être constitués dans les six villages accueillant le projet.
Mission du 16 avril 2008
1. Installation du chantier
Dans un premier temps, l'équipe de puisatiers s'est présentée aux fokolona.Le chantier a ensuite pu être approvisionné en ciment, gravillons et moellons. Etant donné les conditions d'accès, l'approvisionnement des sites en ciment a dû se faire avec le Range Rover. En revanche, nous avons dû faire appel à un transporteur pour l'acheminement des 5 m3 de gravillons. Mais le camion choisi pour ce transport a dû faire face à une panne mécanique de dernière minute, ce qui a entraîné un léger retard dans l'approvisionnement.
Le matériel nécessaire au chantier a quant à lui pu être acheminé sur le site, il s'agissait de 2 bêches, 2 pelles, 4 seaux à béton, 40 mètres de corde ainsi que tout le petit outillage des puisatiers. En revanche, les 2 moules à buses n'ont pas pu être livrés de suite, ces derniers devant subir quelques modifications avant d'être acheminés. L'implantation des puits a ensuite pu être réalisée. Ils ont été implantés sur une surface aménagée de 16 m² prévoyant l'espace pour un trou de 110 cm de diamètre.
2. Avancement des travaux
Le creusement des puits a été entrepris dès notre arrivée sur les sites et devrait prendre entre trois et quatre semaines. Pour le façonnage des buses il a tout d'abord fallu attendre la livraison des moules et des gravillons avant de pouvoir commencer. Malgré ce léger retard, les puisatiers ont pu entreprendre la confection assez rapidement et ont prévu que toutes les buses pour le village d'Ambohijafy seraient terminées d'ici dix jours.
Les villageois ont également commencé à effectuer leurs apports. Ainsi les villages d'Ambohijafy et de Soamanana se sont occupés des approvisionnements en sable et de la réhabilitation de la route d'accès qui malgré leurs efforts reste tout de même difficilement praticable. Le chef du village d'Ambohijafy, M. Rasolo ainsi que sa femme ont également fait preuve d'une grande générosité en accueillant les ouvriers et leur matériel chez eux. Les quatre autres villages quant à eux, ont déjà commencé la réhabilitation de la route et devraient débuter le creusement d'ici le mois de mai.
Missions du 24 avril, du 30 avril et du 9 mai 2008
Ces missions ont essentiellement été consacrées au suivi et à l'approvisionnement des chantiers. Elles ont permis de constater un problème sur le chantier de Soamanana. En effet, à notre arrivée le 24 avril nous avons pu remarquer que l'emplacement prévu initialement avait été déplacé par les villageois suite à un conflit avec l'un d'entre eux, qui s'opposait totalement à l'implantation réalisée au préalable. Cependant le nouvel emplacement choisi ne convenait pas puisque il était situé entre deux latrines, à respectivement 10 m et 15 m. Nous avons donc dû interrompre le creusement et convenir avec les villageois d'un nouvel emplacement.
Nous sommes ensuite revenus le 30 avril pour constater l'avancée du creusement sur le nouvel emplacement. A notre arrivée, les puisatiers nous ont expliqué qu'une fois atteint 10 m de profondeur, ils ont réussi à trouver de l'eau mais qu'ils ont été confrontés à un bloc de granit ralentissant le creusement. Il a donc fallu prendre une nouvelle décision et c'est ainsi que nous avons préféré redéfinir un troisième emplacement en espérant que cette fois-ci ce soit le bon.
Lors de notre mission du 9 mai, le creusement sur le nouvel emplacement avançait bien et aucun problème n'était à noter. Mais quelques jours plus tard les puisatiers appellent notre technicien et lui expliquent qu'ils sont une nouvelle fois tombés sur un bloc de granit à 12m50 de profondeur alors qu'ils n'avaient pas encore atteint la nappe phréatique. Nous avons donc préféré attendre la prochaine mission pour constater de visu le problème et prendre la décision la mieux adaptée.
Mission du 21 au 23 mai 2008
1. Approvisionnement des chantiers en matériaux
Au cours de cette mission, les matériaux suivants ont été acheminés sur les sites :
- 12 sacs de ciment
- 40 planches et 20 bois carrés
- 600 briques
Tous ces matériaux ont été répartis entre les deux chantiers d'Ambohijafy et de Soamanana.
2. Suivi des chantiers et avancement des travaux
Dans un premier temps il a fallu prendre une décision concernant le puits de Soamanana. Ayant trouvé de l'eau à 10 mètres dans le deuxième trou, contrairement au troisième, nous avons préféré revenir sur ce trou, et y continuer le surcreusement en essayant d'en extraire la roche. Le troisième trou quant à lui a été rebouché depuis.
Pour le chantier d'Ambohijafy, le suivi a essentiellement servi à contrôler les travaux effectués jusqu'alors par les puisatiers, à savoir :
- la verticalité des buses enfoncées;
- la conformité du débit et de la hauteur de l'eau avec les normes et conditions exigées (15 litres d'eau par minute, 3 mètres d'eau minimum);
- le dosage du béton servant à la confection des buses.
A la suite de ce contrôle, tout s'est avéré être en règle. Les buses avaient été correctement enfoncées sur les 19 m de profondeur, et le puits comptait environ 3m50 d'eau. Nous avons alors indiqué les nouvelles consignes à suivre pour la poursuite des travaux (aménagement de surface). Une réunion s'est également déroulée avec les villageois pour leur présenter un rapport sur l'état d'avancement du projet et sur ce qui restait à accomplir. Nous en avons profité pour leur expliquer les problèmes rencontrés à Soamanana et les raisons pour lesquelles nous avions creusé ces trois trous.
Mission des 5 et 6 juin 2008
1. Approvisionnement du chantier en matériaux
Cette mission avait essentiellement pour but d'approvisionner les chantiers en ciment et en gravillons. C'est donc 10 sacs de ciment et 1 m3 de gravillons qui ont été acheminés sur les sites en faisant appel à un transporteur, notre 4x4 étant momentanément immobilisé.
2. Suivi des chantiers
Après visite des chantiers, nous avons pu effectuer les constatations suivantes. Le puits à Ambohijafy est terminé et n'attend plus que la pose de la pompe manuelle. Il fait 19 m de profondeur et contient à l'heure actuelle environ 4m50 d'eau.
Pour ce qui est du puits à Soamanana, les puisatiers sont toujours en train de casser le bloc de granit et ont déjà extrait une quantité importante de roche. Cependant le technicien a pris la décision de continuer le surcreusement uniquement sur un diamètre de 50 cm au lieu de 1 m.
En effet, malgré la présence de cette roche l'eau parvient à remplir le puits, il suffit donc juste d'agrandir légèrement le trou pour que le débit soit suffisamment important. En une nuit, le puits se remplit d'environ 80 cm d'eau. Nous sommes donc proche d'un débit suffisant à la vue du nombre d'habitants présents dans le village (de l'ordre d'une vingtaine seulement). Les buses quant à elles ont quasiment toutes été confectionnées (11 jusqu'à maintenant) et attendent d'être posées.
Par l'équipe d'hydraulique villageoise
Documents joints
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Convention de partenariat TMD/Vahiny |
Programme de construction de puits à Ampahimanga (Ong Vahiny) |
Programme AquaSure (rapport d’activité)





















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