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Tranche de vie en pays Androy
Tranche de vie en pays Androy

De formation dans le domaine du bâtiment, j'ai acquis mon expérience avec les compagnons du tour de France. Et cela m'a donné cette envie de voyager pour peaufiner mon savoir-faire et échanger les expériences.
Trans-mad' est une O.N.G qui a été crée dans mon village natal. Intéressé par les problèmes de développement des pays du sud, plus particulièrement Madagascar. Mon engouement et ma motivation ont fait que je me suis très vite mobilisé dans l'événementiel en France afin de récolter de l'argent dans le but de concrétiser des projets sur Madagascar.
En 1998, je pars pour la première fois à Madagascar avec l'association sur les hauts plateaux, dans la commune de Sabotsy-Anjiro. Ce fut un éléctro choc pour moi ; je savais désormais quel était le but de ma vie, aider une population riche de savoirs et de gentillesse mais pauvre à cause d'une richesse mal répartie.
Trans-mad' m'a donc proposé de travailler sur un projet de réhabilitation d'école dans la région de Moramanga (situé à 80 km de Antananarivo sur la route de Tamatave), qui a été un succès malgré mon jeune âge.
Pour des raisons financières et professionnelles j'ai dû ensuite quitter Trans-mad'. Etant tombé amoureux de Madagascar, j'ai trouvé un compromis en m'installant sur l'île de la Réunion où j'ai passé 6 ans à travailler dans le milieu touristique avec une toute autre population (plutôt riche).
Mon esprit étant toujours à Madagascar, j'ai gardé des relations avec Trans-mad' par l'intermédiaire de Frédéric Macquet.
Au fur et à mesure des années, mon envie de rejoindre T.M.D se faisait de plus en plus grande. Et en 2006, une opportunité se présenta car l'asso cherchait un volontaire polyvalent pour mettre en œuvre des projets de construction de puits et d'infrastructures publiques.
Tout est allé très vite alors. Retour en France de 2 mois, stage à l'AFVP (association des volontaires du progrès, partenaire de Trans-Mad') et enfin le grand retour dans cette île magnifique, Madagascar.

7 juillet 2006 accueil à Antananarivo par l'équipe de l'AFVP, et retour dans trans mad avec plein d'agréables surprises puisque cette O.N.G avec laquelle j'avais débuté avait vraiment changée. Elle est passée d'une O.N.G peu organisée à une O.N.G bien structurée, avec un fonctionnement très professionnel et des projets dans plusieurs domaines tels que la santé,l'environnement et les infrastructures publiques. Un nouveau projet est arrivé avec moi, à savoir la construction d'écoles primaires dans le grand sud Malgache, région Androy.
Je me suis vite mis au travail sur Antananarivo pour étudier le prix des matériaux de construction. Ce qui m'a permis d'avoir un ordre d'idée sur les prix pratiqués et établir un devis au plus proche de la réalité. Mais comme les coûts de transport de la capitale vers le sud seraient trop coûteux, la solution était de s'approvisionner dans le sud à Tulear (petite ville du sud ouest région des Vezo). Etablir un devis à Madagascar n'est pas une évidence car les prix de certains matériaux tel que le ciment changent beaucoup et des ruptures de stock ne sont pas rares.
Mon rôle était aussi de monter des équipes (un chef de chantier, cinq ouvriers et quatre manœuvres) et de trouver un transporteur qui allait être capable de nous approvisionner pendant la durée totale du chantier.

Le 5 août 2006 je prends la route du sud avec mon collègue Jacques qui allait m'accompagner durant toute cette mission pour repérer les lieux, trouver un lieu de stockage et connaître les sites d'approvisionnement en matériaux locaux . Nous avons tout deux eu la surprise de la difficulté de la route et de la rudesse de la vie.
La région Androy est un endroit aride couvert de cactus avec des villages constitués de petite case en vondro (paille local). Ces villages sont enclavés à plusieurs dizaines de km d'une petite ville et d'un point d'eau. Les femmes et les hommes font plusieurs km pour revenir avec un seau d'eau. Les Androy sont un peuple d'éleveurs de bétail, zébus, chèvres et moutons.
Ils ont une culture légèrement différente des autres peuples qui constitue la communauté malgache. Avec le culte de la mort, ils vivent dans des cases en paille et construisent des tombeaux qui sont de véritables œuvres d'art, ce qui est paradoxal pour nous européens.
Les difficultés du chantier allaient se poser au niveau des approvisionnements en sable et en eau, donc coûts de transport relativement élevés.
Le défi étant relevé, nous nous lancions donc dans une aventure pleine de rebondissement où nous n'étions pas au bout de nos surprises.
En septembre, nous sommes repartis pour une mission d'implantation avec l'UNICEF et les chefs de chaque chantier. Trois semaines plus tard, nous partions avec deux camions de vingt tonnes, un 4x4 constituant ainsi une caravane où j'assurais le lien entre les deux camions. La prudence sur une route comme celle-ci est impérative puisque les attaques et les accidents ne sont pas rares. 
Quatre cent kilomètres, trente-six heures et des tonnes de poussière plus tard, nous étions arrivés sur site où nous avons eu l'agréable surprise de renégocier le lieu de stockage et ce qui allait être notre case, le loyer est passe du simple au double c'est la magie de l'offre et de la demande en milieu isolé.
Les travaux ont commencé rapidement par la réparation d'un bassin de récupération d'eau pour pouvoir stocker en grande quantité puis les fouilles et décapage du lieu d'implantation des écoles. Mon travail était d'approvisionner les chantiers en eau, en sable et moellons et bien sur de coordonner les travaux. Je me suis vite aperçu qu'en 4x4 les approvisionnements ne seraient pas possible car les points étaient beaucoup trop Loing (40 km pour le sable et 20 km pour l'eau) de plus la population n'appréciait pas de me voir vider leur puit, j'ai du trouver une autre alternative plus coûteuse.
- Pour le sable négociation avec un transporteur de Beloha moyennent 150 000 AR (environ 60€) les six mètres cube pour Analalava et 200 000 AR (environ 80€) pour Amboimagnare.
- Pour l'eau un pipeline construit par les Japonais passe à 20 km du chantier, il est donc possible de s'approvisionner au moyen d'une citerne de six mètres cube ce qui coûte 150 000 AR.
- Pour les pierres, elles sont situées relativement proche du chantier. Le problème est la motivation de la population qu'il faut motiver tout les jours sans relâche.
Une fois que tout cela est calé nous avons le droit de penser que nous sommes bien partis, mais d'autres problèmes viennent perturber l'équilibre et l'harmonie des travaux.
Pneus éclatés sur la citerne, problème de moteur d'un camion, pénurie de gasoil à Beloha, plus d'eau à la station Japonaise.
Il y a eu aussi des problèmes pendant la période électorale de décembre 2006. Les bateaux de produits manufacturés étaient bloqués au port cela nous a posé des soucis en approvisionnement. Tout cela fait que cet équilibre ne tient qu'a un fil.
La règle d'or sur un projet telle que celui-ci est << il n'y a pas de problème il n'y a que des solutions. >>
Le personnel aussi n'est pas à l'abri de vous lâcher en plein vol. La vie est tellement difficile en brousse qu'ils finissent par boire se trouver une femme ne pas utiliser de moyen de contraception. Ils peuvent même mépriser la population locale
et ne pas respecter leur coutume, exemple de la tortue, dans la région Androy ils ne mangent pas de tortue car cela est fady (ce n'est pas bon pour l'esprit) les ouvriers ne respectent pas cette croyance et cela cause des problèmes de relation avec les locaux.
Nous avons du changer d'équipe au cour du chantier car la première équipe ne supportait plus la vie en brousse. De plus, la saison des pluies est arrivée et a causé beaucoup de dégât sur la piste se qui a rendu les transports moins facile.
Les travaux sont maintenant presque achevés sur les deux écoles les plus difficiles. Les remises officielles sont prévues pour le 12 mars soit un mois et demi après la date initiale ce qui reste raisonnable et même une bonne performance vu les difficultés rencontrées tout au long des chantiers.
Ce fut pour moi une expérience hors du commun, mon goût pour l'aventure et les travaux en milieu extrême.
Grégory
Récit d'une expérience de stage... |
Madagascar, colonie française : cours de 3ème





















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