Appui à la maîtrise d'ouvrage et à la maîtrise d'oeuvre
Programme Education Pour Tous: Construction de 7 écoles primaires publiques dans le Grand Sud malgache
PROGRAMME DE CONSTRUCTION D'ECOLES PRIMAIRES PUBLIQUES DANS LE GRAND SUD
Dans le cadre du plan gouvernemental « Education Pour Tous », le Ministère de l'Education Nationale et de la Recherche Scientifique (MENRS) investit depuis quelques années de nombreux moyens dans le système éducatif, avec pour priorité d'améliorer les résultats des élèves :
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construction et réhabilitation de salles de classe,
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distribution de kits scolaires,
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recrutement/formation d'enseignants...
Pourtant, comme le démontre de nombreuses études, le système malgache est encore caractérisé par des taux de survie peu élevés, des taux de redoublement importants et des niveaux d'apprentissage des élèves encore faibles. A ces résultats s'ajoutent de fortes disparités régionales et intra-régionales qui constituent un frein évident au développement de l'accès au cycle primaire.
En 2005, le gouvernement malgache a estimé qu'il était nécessaire de construire entre 14 000 et 15 000 salles de classe supplémentaires sur le territoire, et ce dans les quatre ou cinq années à venir pour satisfaire aux exigences de son programme « Education Pour Tous ». C'est donc dans le but de répondre à ce besoin urgent en infrastructures que ce plan gouvernemental a prévu la construction d'environ 2 300 classes par an ainsi que la réhabilitation de 1 500 autres.
Pour mener à bien ce programme ambitieux, le MENRS a dû augmenter le nombre de partenaires, appelés « Maîtres d'ouvrage délégués » (MOD), qui y participaient. C'est ainsi qu'il a décidé de faire appel à l'UNICEF pour que ce dernier assure la maîtrise d'ouvrage des 245 classes les plus difficiles pour l'année 2006. L'UNICEF, déjà partenaire de TMD sur le projet CoReSEL, a alors sollicité l'association pour qu'elle s'investisse à ses côtés dans ce projet, tout en sachant qu'en tant qu'ONG elle ne pouvait fournir les mêmes garanties qu'une entreprise de bâtiment. 
TMD a donc décidé de relever le défi et s'est vu confier la construction de salles de classes parmi les sites les plus difficiles. On peut réellement parler de challenge puisqu'il s'agissait pour TMD de construire 7 bâtiments d'écoles primaires de 2 salles de classe publiques chacun, dans la région du grand sud de Madagascar, et ce dans un délai d'un mois et demi par chantier.
Les sept sites, répartis dans quatre communes différentes et retenus pour accueillir ces bâtiments scolaires étaient les suivants
:
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les sites d'Analalava et d'Ambohimagnare dans la commune de Beloha,
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les sites d'Itampolo et de Besely dans la commune d'Itampolo,
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les sites d'Etakake et de Masindrano dans la commune d'Ampanihy,
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et enfin, le site de Beahitse dans la commune du même nom.
Ce projet de construction a été confié à Grégory Tremblay, l'un des Volontaires du Progrès de l'association déjà à l'origine de la réussite d'un projet TMD de réhabilitation d'une école dans la région de Moramanga, 10 ans auparavant. C'est lui qui allait superviser l'ensemble des travaux et constituer les différentes équipes d'ouvriers dont il avait besoin pour venir à bout de ce projet.

Il a donc recruté sept équipes de 10 ouvriers comprenant chacune un chef chantier, cinq ouvriers et quatre manœuvres. Outre le recrutement, il a également dû réaliser au préalable une étude approfondie des prix proposés par les fournisseurs et négocier avec ces derniers les conditions de paiement et les délais s'y afférents. Il a aussi dû trouver des transporteurs qui acceptaient de l'approvisionner dans cette région, ce qui n'a pas été chose aisée. En effet, la région Androy se caractérise par son aridité et les routes de sable ne facilitent en aucun cas le passage des camions chargés, surtout durant la période cyclonique. Il a cependant finalement pu en trouver un mais il a été contraint d'y mettre le prix.
Une fois le planning des approvisionnements calé, les négociations achevées et les équipes recrutées, les travaux ont pu débuter en septembre 2006 sur les deux sites d'Analalava et d'Ambohimagnare (pointe sud de Madagascar) en pays Antandroy, situés à 450 Km de Tuléar (dont seulement 60 Km de route goudronnée et le reste en piste).

Ces chantiers, qui devaient être livrés à Noël 2006 ont pris du retard en raison notamment des intempéries (saison des pluies), mais surtout des difficiles conditions d'accès aux sites. En effet, le gros problème a essentiellement résidé dans le fait que la région manquait cruellement de matériaux de construction. C'était le cas notamment du sable (60 m3 par chantier), situé à plus de 40 km des sites. Gregory, qui s'est très vite rendu compte qu'il ne pouvait assurer les approvisionnements en 4x4 car cela prenait trop de temps, a dû trouver un transporteur pour desservir ses deux chantiers. Ce transporteur lui faisait payer 150 000 Ariary (60 Euros) les 6m3 pour Analalava et 200 000 Ariary (80 Euros) pour Ambohimagnare.
Mais l'approvisionnement en sable n'a pas été le seul problème ; l'eau (25 m3 par chantier) a également été très difficile à trouver dans cette région désertique. Au début Grégory s'approvisionnait au puits du village voisin mais le débit n'étant pas suffisant, il a très vite dû trouver une autre solution. Heureusement pour lui, les japonais ont construit un pipeline qui passe à une vingtaine de kilomètres des chantiers. Après négociation, il a pu s'y approvisionner à l'aide d'une citerne. Mais ce système s'est tout de même avéré très
couteux.
Un autre inconvénient qui a encore considérablement accru les problèmes de logistique a été la rareté du carburant dans cette région. Ce dernier, lorsqu'il était disponible, était généralement d'une très mauvaise qualité car la plupart du temps coupé à l'eau.
Ces deux premiers chantiers ont été selon Grégory les plus difficiles des sept qui lui ont été confié, mais ce n'est pas pour autant que les autres se sont déroulés sans embuches. En effet, les autres chantiers qui ont débuté pour la plupart au mois de novembre se sont déroulés plus facilement même si certaines difficultés ont persisté. C'est le cas notamment des approvisionnements qui en raison de l'état des routes, ou plutôt des pistes, mettaient parfois jusqu'à une semaine avant d'arriver sur les sites.
D'autres problèmes plus spécifiques ont également été rencontrés. On notera par exemple les soucis causés par la JIRAMA de Tuléar, qui durant plusieurs mois n'a pas distribué d'électricité ou du moins très peu, rendant impossible la fabrication des voliges, des grilles de protection...nécessaires aux constructions. Grégory a également dû se confronter à l'une de ses équipes, basée sur le site de Masindrano,
dont les ouvriers arrivaient ivres sur le chantier et qui lui ont volé pas moins de cinquante sacs de ciment. Il a aussi dû faire face au manque de motivation de certaines populations bénéficiaires, censées apporter leur aide que ce soit en matériaux de construction ou en mettant à disposition des locaux de stockage sur les différents sites. Mais certains d'entre eux étaient plus attirés par le bénéfice financier qu'ils pouvaient en tirer plutôt que par la satisfaction d'un intérêt général.
Pour finir, un climat d'insécurité suite à la période électorale de décembre 2006, a également contraint Gregory à rester un certain temps sur Tuléar, rendant impossible toute visite sur les chantiers et accentuant ainsi le retard. 
Cependant, malgré tout ce à quoi ils ont été confrontés, c'est grâce à leur motivation et à leurs nerfs solides que Grégory et ses équipes ont pu mener à bien ce projet dans cette région hostile où les conditions de vie ne sont pas toujours faciles. A ce jour les chantiers ont tous été achevés avec certes un peu de retard mais il faut tout de même garder à l'esprit que la construction dans ce contexte reste une prouesse technique notamment en raison des conditions météorologiques et climatiques, de l'accès au chantier et de la disponibilité des matériaux...
Par Brice (stagiaire école sup 3A)
L'école d'Ananalava


Grégory, Frédéric et Danielle, présidente de TMD
L'école d'Ambohimagnare
L'école de Beahitse
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